Saint-Amour. Cancer colorectal, informer pour mieux dépister

Faire venir le public. C’est tout l’enjeu de la journée de sensibilisation organisée le 24 février à Saint-Amour par la Ligue contre le cancer, en partenariat avec la municipalité. L’événement s’inscrit en amont de Mars bleu, mois dédié au dépistage du cancer colorectal. Un cancer encore trop souvent détecté trop tard.

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Informer, sensibiliser et lever les freins au dépistage. Les acteurs locaux se mobilisent à Saint-Amour contre le cancer colorectal.

Dans le Jura, les chiffres restent préoccupants. Sur les années 2023 et 2024, le taux de participation au dépistage s’élève à 35,2 %. Autrement dit, près de deux personnes sur trois ne réalisent pas le test. « On a 65 % de la population qui ne se fait pas dépister », souligne Gérard Guillemaud, président de la Ligue contre le cancer Jura. Les secteurs des Portes du Jura et du Val d’Amour figurent parmi les plus en retard.

Concept Paysage du revermont

Pourtant, le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier en France. Chaque année, plus de 47 000 personnes sont touchées et environ 17 000 en décèdent. « Détecté précocement, il se guérit dans neuf cas sur dix », rappelle Gérard Guillemaud. Un constat qui justifie l’urgence d’agir.

Une démarche d’écoute et de pédagogie

Au cœur de la manifestation, un côlon géant gonflable sera accessible au public. Un outil visuel pour lever les tabous. « Notre démarche est avant tout une démarche d’écoute, sans jugement », insiste Rose Kama, coordinatrice du comité Jura de la Ligue contre le cancer. Les freins au dépistage sont multiples et souvent intimes.

Certains évoquent la peur de savoir. D’autres la gêne liée au test. « Il y a des personnes qui reçoivent le kit mais ne le font pas. D’autres sont bloquées par le geste lui-même », observe la coordinatrice. L’objectif n’est pas de contraindre, mais d’expliquer, de rassurer et d’accompagner.

Le dépistage permet aussi de repérer des polypes à un stade précancéreux. « Une coloscopie peut alors suffire. Elle dure une quinzaine de minutes et se fait en ambulatoire », précise le président de la Ligue. À l’inverse, un diagnostic tardif entraîne souvent une chirurgie lourde et des traitements plus contraignants.

Une mobilisation au cœur de la ville

Autour du côlon gonflable, plusieurs stands seront proposés. La Caisse primaire d’assurance maladie répondra aux questions sur les invitations au dépistage. Le CRCDC apportera information et démonstrations. Une diététicienne sera également présente. « 40 % des cancers sont évitables car liés aux modes de vie », rappelle Gérard Guillemaud, soulignant le rôle de l’alimentation et de l’activité physique.

La maison sport santé présentera ses dispositifs d’activité physique adaptée. Les aidants trouveront aussi des interlocuteurs. Une approche globale, pensée pour toucher un public large.

La mairie de Saint-Amour s’est fortement impliquée dans l’organisation. « En milieu rural, la prévention ne va pas toujours de soi. Il fallait trouver une autre manière d’amener l’information aux habitants », explique la maire, Valérie Vaucher. Le choix du centre-ville n’est pas anodin. « L’idée était que les gens puissent venir facilement, à pied, sans avoir le sentiment d’un événement médicalisé. »

À travers cette journée, la Ligue contre le cancer espère amorcer un changement durable. « On n’est pas dans la culpabilisation. On informe, on sensibilise et chacun reste libre », conclut Gérard Guillemaud. Un travail de fond, essentiel pour faire progresser le dépistage et sauver des vies.