
Les discussions ont été entamées dès la nuit du premier tour, et ont trouvé une issue lundi soir, après le vote de la liste “Agir pour Lons” en faveur d’une fusion. Cyrille Brero, arrivé deuxième de justesse des élections municipales à Lons-le-Saunier (40 %), a annoncé s’allier avec le candidat arrivé troisième Jean-Philippe Huelin (15,28 %). Le vice-président du département et le conseiller municipal d’opposition ont acté une fusion technique de leurs listes.
Six membres intègrent “Une énergie nouvelle pour Lons”
Six membres de la liste « Agir Pour Lons » de Jean-Philippe Huelin entrent ainsi dans la liste « Une énergie nouvelle pour Lons ! » : Jean-Philippe Huelin, Monique Dornier, Jean-Luc Petot, Samantha Cico, Théo Horrillo-Escobar et Baptiste Thibault. Les six sortants de la liste de Cyrille Brero sont : Aurélien Basset, Turgay Demirci, Amina El Jabri, Samuel Diallo, Brigitte Calleja et Pierre Lauriot.
Concernant un éventuel poste d’adjoint promis, Cyrille Brero reste clair : « Ce sera Sophie Olbinski ma première adjointe, c’est de mon autorité. » Jean-Philippe Huelin devrait tout de même figurer parmi la liste des adjoints de Cyrille Brero, et vise surtout la présidence de l’agglomération. « Mais ce sera à lui de prendre son bâton de pélerin et d’aller convaincre les maires », prévient Cyrille Brero.
Des heures de négociation
Jean-Phillipe Huelin raconte le déroulé des négociations depuis le soir du premier tour : « Notre liste avait trois possibilités dimanche soir : se retirer en se disant tout ça pour ça, se maintenir en sachant que notre score du second tour ne serait pas celui du premier – je me serais retrouvé isolé dans l’opposition et je sais que c’est difficile face à Jean-Yves Ravier – ou bien attendre le coup de fil des deux listes arrivées en tête. »
Cyrille Brero a pris le premier le téléphone, dimanche soir, pour convenir d’une entrevue dès lundi matin. « Jean-Yves Ravier m’a contacté le lundi. Nous nous sommes parlés mais c’était un simple échange républicain, poursuit Jean-Philippe Huelin. De son côté, il n’y avait pas une grande volonté et nos programmes étaient trop éloignés. Si on a discuté plus de cinq heures avec Cyrille, avec des programmes très proches, je vous laisse imaginer avec Jean-Yves Ravier. »

Des compromis pour le programme
Durant ces heures de négociation, les points programmatiques ont été abordés en premier lieu. Dans l’escarcelle du candidat chevènementiste, la promesse de référendums occasionnels, point central et symbolique de sa campagne. « Cyrille est plus réticent sur ce point, mais nous avons trouvé un compromis. » En revanche, le projet de nouveau centre de santé reste à La Marjorie, alors que Jean-Philippe Huelin l’imaginait rue des Salines. « Il n’y a aucun médecin dans ce quartier. Mais les remarques de Jean-Philippe sont pertinentes. Nous allons travailler dessus. »
Concernant le reste du programme, les deux candidats se rejoignent globalement : tous deux souhaitent renforcer la présence de la police municipale, faire évoluer le marché (nouvelle implantation ou marché couvert à l’ancien hôtel de ville) et relancer le projet de nouvel hôpital.
Des différends humains réglés
La deuxième partie des négociations a abordé les différends relationnels entre les deux hommes. « On ne s’était pas parlés depuis septembre. Il y a eu des mots durs, mais j’ai obtenu des garanties et explications. On a réussi à dépassionner le débat », indique Jean-Philippe Huelin. « Cela fait 14 ans qu’on se connaît. Nous sommes des amis de longue date. Tout le monde est satisfait de cette alliance : les Lédoniens l’attendaient », estime quant à lui Cyrille Brero.
Des crispations parmi les co-listiers de Jean-Philippe Huelin
L’annonce de cette alliance ne fait pas consensus parmi les co-listiers de Jean-Philippe Huelin. Jean-Luc Buguet, président de l’association de défense des locataires de l’OPH, a ainsi organisé un happening au moment de la conférence de presse, invectivant Jean-Philippe Huelin et assurant qu’il voterait pour le maire sortant Jean-Yves Ravier : « Je me sens trahi et lâché. On s’est investis pour les Lédoniens, nous, pas pour un poste », a t-il notamment clamé. De son côté, Jean-Philippe Huelin assure que cette fusion a été décidée démocratiquement au sein de sa liste : « J’ai organisé une réunion lundi soir. 23 personnes étaient présentes sur les 33 : 13 ont décidé d’accepter l’accord, les autres se sont abstenus ou ont refusé. »

Du côté de Cyrille Brero, la fusion a été adoptée à l’unanimité au sein de sa liste. Le candidat part donc pour une dernière semaine de campagne, en mettant en garde tous ceux qui estiment que la victoire est déjà actée : « Une élection, ce n’est pas mathématiques. On ne va pas faire 55 % dimanche soir. Il s’agit aussi d’aller convaincre les abstentionnistes – 47 % – très nombreux pour une élection aussi importante . »
























