Lons-le-Saunier. Kaivo, le futur fleuron du kayak de compétition français se construit dans la zone En Bercaille

Kaivo à Lons-le-Saunier révolutionne le kayak de compétition français avec des bateaux innovants et durables, un projet prometteur.

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Dante Bourlet Kayak Français
Dante Bourlet a créé son entreprise en janvier 2025. Il est accompagné depuis peu par l'incubateur de la recherche publique régionale DECA-BFC.

C’est un parcours inspirant qui pourrait mener à une petite révolution dans le milieu du kayak français, voire mondial. Dante Bourlet, originaire de Normandie, a créé son entreprise Kaivo en janvier 2025 à Lons-le-Saunier. Installé dans la zone commerciale En Bercaille, dans des bureaux de l’agglomération, le jeune homme souhaite se hisser parmi les plus grandes entreprises mondiales dans le domaine du kayak de compétition.

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“Je suis kayakiste depuis plus de dix ans. Je sais que, dans le domaine, il y a un certain agacement, que ce soit en termes de performance des bateaux ou de durabilité. La plupart des kayaks ont une durée de vie de 1 à 2 ans en haut-niveau. En tant que sport nature, ce n’est pas normal pour l’impact environnemental.”

Bâtiment vert abritant l

Des bateaux plus fiables, rapides et légers

Alors, Dante a pensé son projet depuis un petit moment : il a d’abord intégré un IUT à Saint-Brieuc puis l’Ensmac à Bordeaux, afin de se former en ingénierie du matériau composite. Il a fait ses classes en alternance au sein du groupe Ariane, fabricant de fusées, avant de s’installer dans la région pour suivre sa compagne, ingénieure pour le groupe Bel.

“Tout mon travail se résume à chercher à construire des bateaux plus fiables, rapides et légers. Je mélange différentes fibres (verre, carbone…) à de la résine grâce à la stratification sous-vide. Je travaille aussi sur des bateaux en monobloc, car la zone de soudage est souvent une zone de faiblesse. Et, surtout, je veux changer de philosophie en réparant les zones d’impact qui ont souffert plutôt que de jeter le bateau.”

Un premier moule dès mars

Sa volonté écologique est reconnue, mais la fédération de kayak, en lien avec Dante, craignait pour le prix final de ses embarcations. Ainsi, le normand a décidé de coopérer avec la société grenobloise Bardot Next, spécialisée dans l’usinage et la fabrication de moules. “Ils m’aident beaucoup, pour avoir une meilleure qualité, mais aussi pour diminuer les coûts de production”, informe Dante.

En mars prochain, c’est dans les locaux de cette société qu’il ira chercher le premier moule. Ensuite, si la forme est validée, il pourra fabriquer des prototypes à envoyer aux quatre coins de la France. “Je vais les expédier à tous les pôles de compétition : à Pau, Rennes, Bourg-Saint-Maurice, Paris, Épinal et Oyonnax.”

Premier prototype de kayak de compétition de Kaivo, pesant 8 kg.

Un bureau d’étude sur le sport à long terme ?

Les retours des athlètes réalisés, l’objectif sera ensuite de produire 40 kayaks en fin d’année. Dans ce milieu, Kaivo a deux mastodontes comme concurrents : le Tchèque GalaSport et le Slovaque Vajda. “C’est un tout petit marché en France, il y a 3 000 bateaux vendus par an. On va d’abord se concentrer sur le kayak avant de développer le canoë en 2027. On a vocation, à plus long terme, à devenir un bureau d’étude sur le sport”, prévoit Dante.

Dans ce projet d’ampleur, l’entrepreneur a récemment été rejoint par son frère, Virgile, qui l’accompagnera pour l’administratif. La société Kaivo avance vite, et aimerait se faire une place dès les Jeux olympiques 2028.