
11.6 % en 2023, 6 % en 2024, 15 % en 2025 : l’augmentation du nombre de dossiers de surendettement est tendancielle ces dernières années dans le Jura. Un constat qui interroge, “alors que les indicateurs socio-économiques sont plutôt bons”, a indiqué Jean-Luc Blanc, directeur départemental des finances publiques.
Cette hausse, qui s’est amorcée à l’été 2023, est à remettre dans un contexte de baisse constante du nombre de dossiers depuis les années 2010. Cette augmentation est aussi due à une plus grande communication sur la procédure, avec des “campagnes sur les réseaux sociaux pour la dédramatiser en 2025”, a rappelé Christophe Gourmand, directeur de la Banque de France dans le Jura. Enfin, “la hausse importante des saisines par voie numérique est un facteur”, a estimé Silvère Say, secrétaire général de la préfecture.
L’effet retardé de l’épisode inflationniste
Cependant, ces 658 dossiers enregistrés en 2025 sont tout de même le marqueur de plusieurs faits sociaux économiques inquiétants. Tout d’abord, la remontée du chômage avec davantage de chômeurs répertoriés dans les dossiers (24 %). Aussi, l’effet retardé de l’épisode inflationniste. “Il y a notamment eu de nombreuses régularisations de factures d’énergies qui sont arrivées après”, a rappelé Christophe Gourmand.
Enfin, l’intensification dans les habitudes sociétales du paiement fractionné. “Aujourd’hui, vous pouvez même payer en trois fois votre billet de train. C’est un retardateur de précarité mais un accélérateur de surendettement. Les jeunes sont particulièrement exposés.”
L’addition de ces phénomènes a entraîné cette hausse, avec également une augmentation de l’endettement global : 25.7 millions d’euros en 2025 pour 20.3 millions en 2023. “Ce sont de plus grosses sommes car il y a eu quelques dossiers exceptionnels à plusieurs millions, notamment chez les chefs d’entreprises caution”, a expliqué le directeur de la Banque de France.
Toutes ces procédures ont abouti à des effacements totaux de dettes, dans 30 % des cas, ou bien des rééchelonnements avec des effacements partiels. Ce dispositif de la seconde chance est amené à perdurer dans le Jura, dans un contexte de précarité généralisée inédit depuis le milieu des années 2000 en France.


























