Orchamps. Le plus ancien atelier de gravure de France poursuit son histoire

Depuis 1793, l'atelier d'Orchamps est le plus ancien spécialisé en gravure et estampes originales, mêlant patrimoine et créativité.

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Didier Mutel présentant l'ancienne presse.

Créé en 1793, l’atelier est le plus ancien atelier de gravure en France. Patrimoine historique, culturel et artistique, il est spécialisé dans la gravure et l’impression d’estampes originales et de livres d’artistes. Il est équipé de presses historiques datant des XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

Né en 1971, Didier Mutel est graveur et imprimeur en taille-douce. Mais que recouvre ce métier ? “Il s’agit de graver le motif sur le métal, avec une pointe sèche ou un burin. L’encre appliquée sur la planche de métal est retenue par les sillons, si bien que le papier pénètre dans les sillons et absorbe l’encre sous l’action de la presse…”, détaille l’artiste, également professeur à l’École des Beaux-Arts de Besançon.

Propriétaire de l’atelier d’Orchamps depuis 2013, il entretient avec ce lieu une relation ancienne. “C’est cet atelier qui a servi de fil rouge à ma carrière, j’y ai fait mes premières armes comme stagiaire en 1994, sous la direction du Maître d’art Pierre Lallier dont j’ai ensuite été l’élève…”

Des créations artistiques

Qu’en est-il de « R217A » ? L’ouvrage se présente comme un écrin délicat pour la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette œuvre réunit près de 160 pages réparties en vingt cahiers. Elle est réalisée en typographie, imprimée en blanc sur des feuilles de papier de soie blanche.

Entre les feuillets imprimés sont intercalées des feuilles de papier carbone, qui symbolisent la transmission de ces valeurs. Quiconque lira ce texte gardera une trace d’encre sur les doigts. L’ouvrage relié est conservé dans une boîte en corian — matériau composé d’un tiers de résine acrylique et de deux tiers de minéral naturel — à la pointe de la technologie.

Sublimer le livre

“L’atelier Mutel vise à dépoussiérer avec respect et énergie des techniques que l’on a eu tendance à qualifier d’obsolètes, afin de créer des œuvres poétiques qui s’inscrivent dans le monde contemporain. Estampes, livres d’artistes, collaborations, échanges et formation. L’originalité de l’œuvre tient tout particulièrement au support choisi par le lauréat”, tels furent les mots de David Caméo, président du jury, lors de la remise du prix Liliane Bettencourt 2016.

Impressions atypiques dues aux machines, possibilités de formats étonnants : l’atelier interroge, déplace et réorganise une pratique. La recherche y est omniprésente et s’associe à la transmission auprès d’une nouvelle génération pour que cette histoire séculaire puisse continuer dans le temps.

Didier Mutel mène désormais une activité largement centrée sur le livre d’art, qu’il crée au fil d’un travail personnel ou en collaboration avec des artistes et des écrivains.