Jura. La mobilisation s’amplifie pour le retour du TGV Strasbourg–Marseille

Des élus et acteurs économiques du Jura et de l’Ain demandent le rétablissement de la liaison TGV Strasbourg–Marseille via Lons-le-Saunier. Ils dénoncent une nouvelle offre prévue en 2026 qui contournerait leurs territoires. Ils y voient un enjeu de désenclavement et d’attractivité.

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TGV via Lons-le-Saunier
Mobilisation d’élus pour le retour du TGV via Lons-le-Saunier.

Depuis plusieurs années, la question du rétablissement de la liaison TGV entre Strasbourg et Marseille, via Lons-le-Saunier et Bourg-en-Bresse, cristallise les attentes locales. Élus, parlementaires et acteurs économiques se mobilisent pour défendre un axe ferroviaire jugé structurant. Une lettre ouverte adressée à Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports, illustre cette volonté de voir renaître une desserte disparue en 2018.

Dans ce courrier, plusieurs responsables politiques, parmi lesquels Danielle Brulebois, députée du Jura, et Xavier Breton, député de l’Ain, rappellent que cette liaison répondait à des besoins concrets de mobilité. Elle reliait efficacement des territoires ruraux aux grandes métropoles, tout en soutenant l’activité économique et l’accès à l’emploi. Sa suppression, initialement justifiée par des travaux, n’a jamais été suivie d’un rétablissement.

Les signataires soulignent que les infrastructures actuelles permettent une remise en service rapide. Aucun investissement majeur ne serait nécessaire, ce qui renforce, selon eux, le caractère essentiellement politique de la décision. Ils appellent à une vision plus équilibrée de l’aménagement du territoire ferroviaire.

Une mobilisation élargie des territoires

Au-delà des parlementaires, collectivités locales et acteurs institutionnels se sont associés à cette demande. Départements, communautés de communes, maires et présidents d’agglomération affichent une position commune. Cette convergence traduit une inquiétude face à l’éloignement progressif des territoires jurassiens des grandes lignes nationales.

La pétition portée localement s’inscrit dans cette dynamique. Elle met en avant les bénéfices attendus d’un retour du TGV : désenclavement, attractivité économique et meilleure connexion aux réseaux nationaux et européens. “Chaque signature compte pour faire entendre notre voix”, rappellent les initiateurs, qui souhaitent mobiliser habitants et entreprises.

Les arguments avancés reposent aussi sur une logique géographique. L’itinéraire via le Jura serait plus court entre Strasbourg et Lyon que d’autres alternatives. À cela s’ajoute la modernisation récente de la ligne du Revermont, avec des équipements adaptés, confortant l’idée d’un axe prêt à accueillir de nouveau des circulations longues distances.

Un enjeu d’équité territoriale

Dans l’hémicycle comme sur le terrain, les prises de parole convergent : le Jura a été contourné par les grandes liaisons ferroviaires. L’intervention de Danielle Brulebois en séance de questions au gouvernement a rappelé l’importance de cette desserte pour les habitants, les étudiants et les acteurs économiques.

“Il n’y a aucun obstacle technique, seulement une volonté politique”, a-t-elle souligné, insistant sur le rôle du train dans la cohésion des territoires. Cette position est partagée par de nombreux élus qui voient dans le rétablissement de la ligne un signal en faveur d’un aménagement plus équitable.