Jura. Fin de la tolérance pour les poids lourds, les contrôles entrent en vigueur sur la RN83

Depuis le 14 janvier, les gendarmes verbalisent systématiquement les camions de plus de 7,5 tonnes qui empruntent la route nationale 83 dans le Jura. Une mesure destinée à faire respecter l’interdiction de transit, deux semaines après la mise en vigueur de l’arrêté. Les élus locaux, eux, redoutent déjà des reports de trafic vers les routes secondaires.

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Interdiction poids lourds RN83
Depuis le 1er janvier 2026, les véhicules de plus de 7,5 tonnes sont interdits sur la RN83.

Depuis le 1er janvier 2026, tout poids lourd de plus de 7,5 tonnes contrôlé en infraction sur la RN83 s’expose à une amende de 90 euros. Jusqu’ici, les forces de l’ordre faisaient preuve de tolérance sur cet axe qui relie Poligny à Besançon. Mais depuis le 14 janvier c’est terminé. « On estime maintenant qu’ils ont eu le temps d’être informés. La signalétique est bien affichée, donc ils n’ont plus d’excuses », justifie le préfet du Jura, Pierre-Édouard Colliex.

De nombreux routiers continuent d’emprunter la RN83 en suivant leur GPS. Un outil qui n’intègre pas toujours immédiatement les nouvelles restrictions. « En fonction des mises à jour, ils ne sont donc pas encore complètement au courant, mais avec les signalétiques, qui sont en plus internationales, il n’y a plus de raison qu’ils ne sachent pas », insiste le préfet du Jura.

Une dérogation pour l’activité économique locale

La mesure n’est toutefois pas absolue. Une dérogation est prévue pour les véhicules qui chargent ou livrent dans le Jura ou dans les départements limitrophes (Doubs, Haute-Saône, Territoire de Belfort, Ain et Saône-et-Loire).
« On ne peut pas les empêcher de passer par là où ils travaillent », rappelle Vincent Didierlaurent, chargé du transport terrestre à la DREAL Bourgogne-Franche-Comté. L’enjeu est d’écarter le trafic de transit sans pénaliser les entreprises locales.

Les chauffeurs contrôlés en infraction devront non seulement s’acquitter de l’amende, mais aussi « retourner au plus vite sur les itinéraires autorisés », notamment les autoroutes A39 et A36.

Des effets encore timides

Sur le terrain, les premiers effets restent limités. « C’est le début de la mesure et le début de l’année est toujours plus calme », constate le maire de Bersaillin, Antoine Marcellin. Les élus locaux redoutent toutefois des contournements. Certains chauffeurs évitent déjà la RN83 en traversant les communes. « D’autres prennent un itinéraire qui les emmène jusqu’à Dole, puis passent par Saint-Vit avant de revenir sur Besançon », décrit le premier adjoint de Miéry, Nicolas Gete. Un phénomène qui pourrait déplacer, plutôt que résoudre, la pression du trafic routier.

Au-delà de la circulation, la mesure interroge aussi ses effets indirects, notamment sur les restaurants routiers et les services installés le long de la RN83. La phase répressive qui s’ouvre devra donc encore démontrer sa capacité à rééquilibrer les flux sans fragiliser l’économie locale.

À la fin de leur intervention, le 14 janvier, les forces de l’ordre ont relevé que sur 35 poids-lourds contrôlés, encore 12 ne respectaient pas l’arrêté.