Haut-Bugey. Quatre départs de feux à la collecte de déchets depuis début janvier liés aux batteries au Lithium

Quatre départs de feux du aux batteries lithium ont récemment inquiété Haut-Bugey, mettant en danger les agents et appelant à plus de vigilance.

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Benjamin Monconduit rappelle que le dépôt de batteries en lithium hors déchetterie fait encourir de graves risques aux travailleurs du Pôle déchets.

“On n’en avait pas du tout avant et, là, cela fait quatre départs de feu en très peu de temps. Trop, c’est trop ! Je veux vraiment donner l’alerte, surtout pour les agents en danger”, s’agace Benjamin Monconduit.

Le directeur du pôle Déchets d’Haut-Bugey Agglomération indique que son équipe a retrouvé, deux fois dans les ordures ménagères, et deux fois dans le bac jaune, des piles et batteries en train de s’enflammer récemment. “Ce sont des équipements à absolument emmener en déchetterie. Une fois, c’était une guirlande électrique et une autre fois un smartphone. La batterie, si elle est choquée – et avec les bennes tasseuses, cela arrive tout le temps – elle se casse et libère le lithium. Quand elle est à l’air, elle prend feu immédiatement, explique le directeur.

Déchets divers avec de la fumée, potentiellement due à des départs de feu de batteries lithium.

Deux départs de feux ont été signalés dans la même journée du 4 mars par les agents d’Haut-Bugey Agglomération.

“Il ne faut pas oublier qu’il y a deux humains à l’arrière”

La situation est particulièrement alarmante, alors qu’un camion-benne a pris feu fin janvier, au niveau du Sictom du Haut-Jura, sur le parking du collège du Plateau à Lavans-lès-Saint-Claude.

“On a eu beaucoup de chance grâce au froid et à l’attention de nos agents. Mais, avec l’été qui arrive, quand les déchets seront secs, cela pourra partir beaucoup plus vite. Il ne faut pas oublier qu’il y a deux humains à l’arrière des camions”, signale Benjamin Monconduit.

Ce dernier rappelle que la déchetterie de Veyziat est ouverte tous les jours, même le dimanche, de 9 heures à 18 heures. “Sinon, la deuxième solution, ce sont les bacs de collecte dans les magasins. Il y a aussi la reprise un pour un : si vous achetez un nouvel appareil électronique, le vendeur est dans l’obligation de vous rependre l’ancien.”

Entre 35 et 40 % de refus de tri sur l’agglomération

Benjamin Monconduit regrette que la simplification des gestes de tri, entamée en 2022, ait abouti à ce genre de comportements. “L’objectif, c’était de dire : tous les emballages et les papiers dans le même bac. Mais la conséquence a été que beaucoup de gens ont commencé à mettre n’importe quoi. L’usager n’est que le début de la chaîne : on lui demande de faire un pré-tri très simple mais, ensuite, le déchet est retrié plus de dix fois pour être recyclé.”

Son constat est que, globalement, le bassin du Haut-Bugey est un des plus mauvais élèves du tri à l’échelle nationale. “On est entre 35 et 40 % de refus de tri sur HBA, alors que la moyenne nationale du Sivalor – plus grand syndicat de tri – est autour de 23 %.”

En cause, des erreurs de bac – beaucoup de jouets, textiles, morceaux de meubles – mais aussi la présence de sacs poubelles dans les bacs jaune. “Plus d’un tiers des déchets en poubelle jaune ne sont pas censés y être. La machine a besoin qu’ils soient en vrac : on traite entre 18 à 20 tonnes à l’heure en centre de tri, si elle voit un sac, elle refuse.”

Benjamin Monconduit appelle donc les Haut-Bugistes à adopter les bons réflexes, afin de valoriser au mieux les déchets, mais surtout afin d’éviter des drames tels que l’incendie du centre de tri de Chêne-en-Semine, en bordure du département en octobre 2023.