Handball. À l’US Lons Handball, le handfauteuil est en pleine dynamique

Encore méconnu il y a quinze ans, le handfauteuil s’impose progressivement dans le paysage sportif local. À l’US Lons Handball, la section portée par Frédérique Brutillot illustre cette montée en puissance, entre inclusion, performance et développement.

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À l'US Lons Handball, le handfauteuil est en pleine ascension, comme en témoigne les titres nationaux glanés.

Créée en 2008, la section handfauteuil de l’US Lons Handball a dû se construire presque à partir de rien. “Ça a été compliqué de trouver des handis à la base, on a un peu trouvé des handis dans la rue”, raconte Frédérique Brutillot, aujourd’hui responsable. À l’époque, la discipline est encore confidentielle et très peu structurée au niveau national.

Un premier tournoi à Angers en 2009 marque un tournant pour l’équipe, qui commence alors à se faire connaître. Le développement passe notamment par des actions de sensibilisation dans les collèges, permettant d’attirer de nouveaux pratiquants. Arrivée la même année, Frédérique Brutillot s’inscrit rapidement dans la durée. “Au début j’étais joueuse, et ça fait une dizaine d’années que je suis responsable”, explique-t-elle.

Une pratique mixte qui efface les différences

Particularité du handfauteuil : il se joue de manière mixte, avec des joueurs valides et non valides réunis sur le terrain. Tous évoluent en fauteuil, ce qui place chacun sur un pied d’égalité. “Ils sont tous au même niveau. C’est ça qui est top”, souligne la responsable.

Les règles restent globalement celles du handball classique, avec quelques ajustements, notamment dans la composition des équipes en compétition. Aujourd’hui, la section compte 18 licenciés. Si les débuts ont été difficiles en matière de recrutement, la dynamique est désormais enclenchée. “On a quand même quatre nouveaux joueurs depuis deux ans”, précise Frédérique Brutillot.

Deux créneaux d’entraînement structurent la pratique : le mercredi soir, davantage orienté vers la compétition, et le jeudi, consacré à la découverte.

Une discipline qui gagne en reconnaissance

Longtemps ignoré par les instances fédérales, le handfauteuil s’est d’abord structuré de manière autonome. “La fédération ne voulait pas le faire”, se souvient Frédérique Brutillot. Une association dédiée a ainsi vu le jour pour organiser les premières compétitions.

Depuis quelques années, la situation a évolué. La Fédération française de handball a lancé un championnat de France il y a quatre ans, puis une Coupe de France l’année suivante. L’US Lons Handball s’y illustre avec déjà deux titres nationaux et un doublé championnat-coupe la saison dernière.

À l’échelle régionale, la progression est également notable : la Bourgogne-Franche-Comté compte désormais huit clubs, comme Nevers, Dijon ou encore Besançon, contre seulement un ou deux à l’origine. “C’est surtout le niveau qui progresse”, observe la responsable.

Le club jurassien contribue aussi à l’essor national avec quatre joueurs sélectionnés en équipe de France, créée récemment. Et les perspectives sont encourageantes. “Je pense qu’en 2028, aux Jeux olympiques, il y aura une démonstration”, conclut Frédérique Brutillot, sans certitude absolue.