Dossier formation. France Compétences, Régions et OPCO : la nouvelle gouvernance de la formation

Depuis 2025, l’État a engagé une refonte de la gouvernance de la formation professionnelle afin de mieux maîtriser les financements et d’orienter les compétences vers les besoins économiques réels des territoires et des entreprises.

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Face à l'augmentation du nombre de formations, des régulations sont nécessaires

Sous l’effet de la montée en puissance de l’apprentissage, de l’explosion du CPF et des contraintes budgétaires, le pilotage du système de formation a été profondément réorganisé. L’objectif est de rendre les responsabilités plus claires et d’améliorer l’efficacité de la dépense publique.

France Compétences, régulateur renforcé

France Compétences voit son rôle de régulation nationale consolidé. L’institution pilote plus strictement la répartition des financements entre l’apprentissage, le CPF et la formation des salariés. Elle veille aussi à la soutenabilité financière du système. Elle contrôle les coûts des certifications et en durcissant les règles d’inscription au RNCP et au Répertoire spécifique, afin de limiter la prolifération de titres peu insérants. France Compétences développe également des indicateurs d’impact plus précis. Le but est de mesurer la valeur réelle des formations sur l’insertion professionnelle et l’évolution des carrières.

Les Régions retrouvent une capacité d’orientation accrue à travers les pactes régionaux d’investissement dans les compétences. Elles peuvent cibler les formations selon les besoins locaux, notamment dans les secteurs en tension comme la santé, le bâtiment, l’industrie ou la transition écologique. De cette manière, elles renforcent ainsi le lien entre formation et développement économique. Certaines régions expérimentent également des dispositifs de suivi post-formation pour mieux ajuster l’offre à la réalité du marché du travail.

Des OPCO plus stratégiques

Les OPCO ne se limitent plus au financement. Ils accompagnent désormais les entreprises dans la définition de véritables stratégies de compétences, en intervenant sur l’ingénierie de formation, l’identification des besoins sectoriels et la construction de parcours certifiants adaptés aux métiers. Leur rôle devient ainsi plus proactif, favorisant la coordination entre acteurs locaux, branches professionnelles et institutions publiques.

En 2026, cette nouvelle gouvernance marque un changement de logique. La formation n’est plus seulement financée, elle est pilotée comme un levier central d’employabilité, de compétitivité des entreprises et d’adaptation aux mutations du marché du travail. L’objectif à moyen terme est de réduire les écarts régionaux d’accès aux compétences. Il est également d’assurer que chaque parcours de formation génère un retour concret sur l’emploi et la productivité.