Les services des Douanes ont présenté, le jeudi 31 mars 2026, le bilan chiffré du commerce extérieur en Franche-Comté sur l’année 2025. Une situation excédentaire dans la région dont l’évolution reste à surveiller, notamment à cause des incertitudes liées aux Etats-Unis.
10,5 milliards d’euros d’exportation pour la Franche-Comté
Premier constat dressé par la direction régionale des Douanes, les entreprises franc-comtoises exportent d’avantage qu’elles importent. Ainsi, 2 500 entreprises de la région génèrent une balance commerciale excédentaire.
En Franche-Comté, le service des douanes a enregistré 10,5 milliards d’euros d’exportations contre 9,5 milliards d’euros d’importation. Une première donnée importante et encourageante. Dans le détail, c’est le Doubs qui figure sur la plus haute marche du podium avec 4,9 Md€, suivi de la Haute-Saône (2,6 Md€), du Jura (1,6 Md€) et du Territoire de Belfort (1,3 Md€).
Sans surprise, la Suisse est le pays vers lequel les exportations sont les plus récurrentes en Franche-Comté. Viennent ensuite l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Belgique et l’Espagne. La Franche-Comté vend prioritairement les produits et équipements de l’industrie automobile (20,7%), les machines et équipements industriels (16%) et le matériel électrique (8,6%).
9,5 milliards d’euros d’importation en Franche-Comté
Même si le nombre de marchandises exportées est supérieur aux importations, le Franche-Comté génère néanmoins 9,5 milliards d’euros d’importation. Les partenaires récurrents lorsqu’il s’agit d’importation sont la Suisse, l’Allemagne, la Chine, l’Italie, l’Espagne et les États-Unis.
La Franche-Comté importe les mêmes types de marchandises qu’elle exporte : les produits et équipements de l’industrie automobile, les machines et équipements industriels et le matériel électrique. Pour autant, la région importe davantage de produits alimentaires (4,3% d’export et 5,78% d’import) et de marchandises d’horlogerie (3,6% d’exportations pour 4,2% d’importations).
Soutien aux entreprises dans le bras de fer avec les USA
Après l’invalidation par la Cour suprême américaine le 20 février 2026 des “droits de douane réciproques” instaurés par l’administration Trump, le dispositif adopté et provisoire a fixé un taux de droits de douane mondial de 10%. A celui-ci s’ajoutent des droits additionnels sur certains produits comme l’acier, l’aluminium ou le cuivre (50% de taxes).
Une accumulation de taxes côtés américain qui complique la détermination du bon taux de droits : “prenons l’exemple d’une machine à laver qui subit un droit mondial de 10%. Pour autant, tous ses composants en acier seront surtaxés de 50%. Quel sera le coup final du produit sur le marché américain ? Idem pour un pot de peinture exporté du Jura aux USA. Si la peinture est assujettie au droit mondial de 10%, son contenant sera surtaxé de 50%”, souligne Delphine Racle, inspectrice des douanes spécialisée dans le conseil aux entreprises.
Un casse-tête pour les entreprises comme pour l’administration des Douanes. “C’est dans cette complexité que nous pouvons intervenir en conseil à l’export pour les entreprises franc-comtoises” insiste Delphine Racle.
Une balance largement déficitaire avec les États-Unis
Conséquence directe de l’instabilité des taxes douanières aux Etats-Unis : la Franche-Comté exporte beaucoup moins pour (255 millions d’euros) qu’elle n’importe vers les États-Unis (468 millions d’euros).
Pour autant, certains secteurs échappent pour le moment aux effets de l’augmentation des taxes américaines : c’est le cas des boissons notamment grâce à la bonne réputation des vins du Jura outre-Atlantique, de même que les produits laitiers et l’horlogerie.
La Douane garde les frontières
La Franche-Comté dispose de 250 km de frontière terrestre avec un pays extérieur à l’Union Européenne (la Suisse) et une plateforme aéroportuaire internationale à l’aéroport de Dole Jura.
Contrôler les véhicules, les marchandises et les personnes est une mission essentielle des Douanes. Nous y reviendrons prochainement.

























