Dossier de la semaine. La fibre s’impose dans le Jura, le compte à rebours du cuivre est lancé

Dans le Jura, la fibre optique progresse rapidement et le réseau cuivre s’apprête à disparaître, marquant un tournant majeur.

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Un réseau désormais quasi généralisé, avec un enjeu majeur de pédagogie d’ici la fin du cuivre.

Dans le Jura, la fibre optique a changé d’échelle. Depuis 2021, le réseau public Prisme, porté par le Département, déploie ses lignes sur le territoire. À sa tête, Maud Ravel, directrice d’Altitude Fibre 39. “Prisme, c’est la fibre du Jura. Un nom choisi avec le conseil départemental, qui restera dans le temps”, explique-t-elle.

Le pari initial portait sur 86 599 prises. Il est dépassé. “Nous avons aujourd’hui 92 256 prises raccordables”, précise la directrice. Autrement dit, plus de 92 000 foyers peuvent accéder à la fibre via la délégation de service public, signée jusqu’en 2051. Un déploiement mené en quatre ans, entre études, chantiers et coordination avec les élus.

Depuis le 31 janvier 2026, un cap réglementaire a été franchi. Il n’est plus possible de souscrire un abonnement ADSL dans le département. “Vous déménagez ? Le choix, c’est la fibre ou la fibre”, résume Maud Ravel. Le cuivre vit donc ses dernières années.

Extinction du cuivre : 2028 en ligne de mire

La fermeture progressive du réseau cuivre, pilotée au niveau national, s’accélère. Dans le Jura, les habitants concernés devront migrer d’ici 2028 à 2030 selon les communes. “Même sans Internet, il faut changer de technologie. Sinon, on perdra aussi la téléphonie fixe”, alerte la directrice. L’enjeu est social autant que technique.

Difficile pourtant d’identifier précisément les foyers encore au cuivre. Les abonnés relèvent des fournisseurs d’accès. “Nous travaillons avec eux, mais nous n’avons pas leurs chiffres”, souligne-t-elle. Dans certains territoires déjà fermés, quelques habitants se sont retrouvés temporairement coupés. Une situation que le réseau veut éviter.

La pédagogie devient centrale. Réunions publiques, forums avec les opérateurs, articles pour les bulletins municipaux. “La seule chose qui fonctionne vraiment, c’est d’aller à la rencontre des gens”, insiste Maud Ravel. Dans un contexte d’arnaques et de démarchages abusifs, la présence des élus rassure.

Des usages à inventer

Tous ne perçoivent pas immédiatement l’intérêt de la fibre. Dans certaines communes, la montée en débit avait déjà amélioré la connexion. “Pour ceux-là, la différence est moins visible. Mais dès qu’il y a plusieurs usages en même temps, la fibre fait la différence”, explique-t-elle. Télétravail, streaming, jeux en ligne, échanges de données lourdes : la stabilité est au rendez-vous.

La performance est identique, que l’on soit proche ou éloigné du nœud de raccordement. “La lumière circule. Le débit ne baisse pas avec la distance”, rappelle la directrice. Contrairement au cuivre, qui s’oxyde et consomme davantage d’énergie, la fibre est aussi moins énergivore.

Reste une dernière étape : développer les usages. Capteurs énergétiques dans les bâtiments publics, maintien à domicile des personnes âgées, sécurisation des routes ou gestion des parkings touristiques. “La fibre, c’est comme un circuit de course. Aujourd’hui, on roule encore en 2 CV dessus”, image Maud Ravel. Le réseau est là. À présent, il s’agit d’en exploiter tout le potentiel.