Champagnole. Une dictée pour entrer dans la course du Tour

Près de 200 élèves participent à une dictée pas comme les autres. L’événement s’inscrit dans la dynamique du Tour de France. À la clé, une immersion au cœur du village départ.

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Une opération qui mobilise les écoles et inscrit les élèves dans un événement sportif d’envergure nationale.

À Champagnole, la dictée prend un air de grande étape. L’événement rassemble près de 200 élèves de CM1 et CM2, venant de plusieurs écoles de la ville. Tous partagent le même objectif : faire le moins de fautes possible. L’enjeu dépasse la simple note en ouvrant la porte à une expérience unique autour du Tour de France.

C’est Ariel Bailly qui pilote l’organisation. L’ancienne adjointe à la Ville de Champagnole s’est occupée du sport pendant 18 ans. Bien qu’elle ait terminé son mandat, elle poursuit aujourd’hui cette mission avec engagement. “Le maire m’avait confié de garder le dossier du Tour de France”, explique-t-elle. Également anciennement enseignante, elle reprend cette casquette en corrigeant les copies et en annonçant les résultats. De cette manière, elle assure la continuité.

Le principe reste simple. L’organisateur fournit un texte adapté à chaque ville que les élèves découvrent le jour J. Trois mots viennent compléter l’exercice ainsi qu’une question subsidiaire, qui départage les meilleurs. À la fin, les huit premiers gagnent une invitation pour accéder au village départ et potentiellement approcher les coureurs.

Une dictée pas comme les autres

L’événement réunit tous les élèves des écoles de Champagnole dans un même lieu. C’est à l’Oppidum que les enfants sont accueillis cette année. De grandes rangées de table sont installées, de quoi impressionner les élèves. Les enfants vivent donc un moment collectif et partagent la même concentration.

Les enseignants accompagnent cette préparation. Anne Bessard entraîne déjà ses élèves à la dictée chaque semaine. La préparation n’avait donc rien de particulier à l’événement. “On a un entraînement régulier”, précise-t-elle. Mais les élèves sont allés plus loin. Ils ont créé leur propre liste de mots liés au cyclisme et s’exerçaient à la maison.

L’enjeu étant de taille, la motivation des enfants grandit vite. Ils rêvent de rencontrer les coureurs. “C’était un super but”, ont-ils confié à leurs enseignantes. Le défi devient concret. Les enfants comprennent mieux le sens du travail scolaire. Ils se prêtent alors au jeu, pour bien faire et s’améliorer.

Entre stress et excitation

Dans d’autres classes, l’ambiance est similaire. Cécile Goodmanson, elle, prépare ses élèves grâce à des quiz en ligne. Le vocabulaire du cyclisme y est directement intégré et, à force de travail, devient familier. Mais le stress monte. Le nombre de participants impressionne certains élèves. “On a vu les grands yeux qui s’ouvrent”, raconte l’enseignante.

L’épreuve ressemble à un examen et marque une étape importante avant le collège. Les enfants en mesurent donc la difficulté et savent qu’ils devront se débrouiller seuls. Cette dictée teste leurs connaissances et renforce leur autonomie.

Mais l’attachement au territoire joue un rôle clé. Les élèves vibrent pour leur ville et reconnaissent l’importance de l’événement. “On parle du Jura, on parle de leur ville. Ça les touche forcément”, souligne l’enseignante. La dictée devient alors un moyen d’appartenance.