Chamblay. Dermatose nodulaire : La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en visite dans une ferme qui a renouvelé son cheptel

Suite à l'épidémie de dermatose nodulaire qui a touché le Jura, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard était en visite du côté de Chamblay vendredi 13 février. L'ancienne maire de Morteau est allée à la rencontre de Lisa et Flavien, gérants du GAEC Guenot qui a dû abattre son troupeau l'année dernière.

0
44
Annie Genevard a rencontré Lisa et Flavien, gérants du GAEC Guenot à Chamblay ce vendredi matin.

Ils avaient tout perdu, alors même que leur nouvelle ferme datait de moins d’un an. Lisa et Flavien, qui ont dû abattre leur troupeau de 75 bovins suite à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse qui a touché le Jura, ont reçu vendredi 13 février la visite de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. À Chamblay, au sein du GAEC Guenot, l’ambiance était plutôt à l’optimisme après une année compliquée, encore dans la mémoire des éleveurs. « On a soigné nos bêtes pendant très longtemps, puis on n’a pas eu le choix. C’était une décision pour préserver l’élevage voisin, à moins de 200 m, séparé seulement par un fil électrique », raconte Flavien.

Concept Paysage du revermont

« Nos anciens sont passés par là aussi »

« C’est la passion de l’élevage qui nous a fait rebondir », témoigne Lisa. « On n’a pas le droit de se plaindre, nos anciens sont passés par là aussi. On a reçu énormément de soutien après l’abattage, il y a même eu une grande fête à Écleux organisée au bénéfice des agriculteurs touchés. » Grâce à ces soutiens solidaires et à celui de l’État, le GAEC a finalement pu renouveler son cheptel en deux étapes : une le 14 décembre puis une autre mardi 10 février. Annie Genevard était donc venue constater ce succès, après une table ronde à la communauté de communes du Val d’Amour.

La ministre a ainsi pu faire le point sur la situation au niveau national : « Je me réjouis puisque nous n’avons plus de cas depuis le 2 janvier et nous reprenons petit à petit le commerce d’animaux. Nous réouvrons certains marchés à l’export, on attend notamment de pouvoir travailler avec le Maroc.» La vaccination, lancée en septembre dernier, continue de se déployer sur tout le territoire, et les zones réglementées, de 50 km autour d’un foyer, sont levées les unes après les autres.

« C’est le choix des éleveurs »

Cependant, l’épidémie est encore un traumatisme bien réel dans la tête de nombreux éleveurs. C’est pourquoi ils ont préféré ne pas prendre de risque, en interdisant la venue de bovins au Salon de l’Agriculture 2026. La ministre s’est également exprimée sur l’absence de bovins lors de ce salon, qui a lieu du 21 février au 1er mars. « C’est le choix des éleveurs », a-t-elle estimée. « Je pense qu’on aurait pu en avoir, avec 2 millions de bêtes vaccinées, mais le Salon n’est pas organisé par le gouvernement ni par le ministère. Et il y aura quand même des animaux : des cochons, des brebis et les chevaux comtois qui auront un niveau d’exposition inédit.» 

Lisa et Flavien, quant à eux, voient plutôt d’un bon œil cette décision : « chaque éleveur est en droit de refuser d’emmener ses vaches. Ce n’est pas une très bonne idée de mélanger des troupeaux de toute la France actuellement. » Les deux éleveurs de Chamblay, qui ont entièrement fait vacciner leur nouveau troupeau, attendent les directives pour continuer la campagne de vaccination, notamment auprès de leurs veaux.