Arbois. Une classe sur la sellette pour la rentrée 2026

La publication de la nouvelle carte scolaire pour la rentrée 2026 a provoqué une onde de choc à Arbois. Les services de l'Éducation envisagent la suppression d’une classe de primaire, une décision qui mobilise déjà élus, parents et enseignants contre ce qu’ils considèrent comme une aberration au regard de la réalité locale.

0
76
Des parents et des élu(e)s des sept communes concernées, motivvé(e)s pour défendre leur école.

Actuellement, l’école primaire d’Arbois affiche une moyenne de 23 élèves par classe, ce qui frôle le seuil de 24 à 25 élèves préconisé par l’Éducation Nationale. Si cette fermeture devait être actée, les effectifs pourraient bondir jusqu’à 28 élèves en moyenne par classe d’ici quelques années.

Les acteurs locaux dénoncent une décision prise sans concertation avec les élus du Sivos (Arbois, La Châtelaine, Les Planches-près-Arbois, Mesnay, Pupillin, Les Arsures, Montigny-lès-Arsures et Villette-lès-Arbois. Une visioconférence s’est tenue dès jeudi avec l’inspectrice de circonscription de Champagnole afin de faire valoir des arguments, qu’elle semblait ignorer et qu’elle allait faire remonter à l’inspecteur d’académie.

Des indicateurs démographiques à la hausse

L’argument principal des opposants à cette fermeture repose sur une dynamique démographique positive, qui va à l’encontre de la tendance départementale. En effet, le nombre de naissances à Arbois a doublé entre 2023 et 2025, et de nouvelles familles se sont installées.

De plus, quelques facteurs concrets vont gonfler les effectifs prochainement. Le transfert et l’agrandissement de la maison d’enfants (MECS) de Mesnay vers Arbois, doublant sa capacité d’accueil (16 enfants au lieu de 8), la création d’une antenne pédiatrique de l’hôpital de Saint-Ylie, et l’arrivée chaque année de familles avec enfants via le Cada. D’autre part, la fermeture annoncée du collège Saint-Just, pourrait également entraîner un report d’élèves vers le public.

Une mobilisation pour sauver la classe menacée de fermeture.

Des besoins spécifiques et des engagements non tenus

L’école d’Arbois n’est pas un établissement ordinaire : elle accueille de nombreux dispositifs spécifiques tels ULIS, ITEP, RASED ou encore UPE2A pour les enfants allophones. Elle accueille également les enfants de moins de trois ans, ce qui exige un accompagnement individualisé constant de la part des enseignants.

Familles et élues rappellent d’ailleurs que l’Inspecteur d’Académie s’était engagé, il y a deux ans, à ne fermer aucune classe pendant trois ans en raison de la présence de ces dispositifs. Cette promesse semble aujourd’hui oubliée, au grand dam des parents d’élèves qui craignent pour la qualité de l’accueil et de l’enseignement.

La mobilisation s’organise

Face à cette menace, une pétition en ligne a été lancée pour demander le maintien de la classe et interpeller directement l’Inspecteur d’Académie. Les élus et les familles restent pleinement mobilisés pour défendre une école qu’ils jugent essentielle à la vitalité du territoire.

Cécile Briot, adjointe à l’enfance, éducation, jeunesse rappelle que la constitution de la Ve république reprend dans son préambule de la constitution du 27 octobre 1946 à l’art. 10 : la nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires pour le développement. « Je souhaiterais que ceux qui prennent une décision à Paris, au ministère, puissent passer une seule journée dans une classe pour voir ce qui se passe. Et après ils comprendront davantage pourquoi on est en colère, pourquoi on soutient et l’école et les familles. Les enfants ce ne sont pas des chiffres. »

L’école sera fermée mardi 31 mars, un service d’accueil minimum sera mis en place. Une réponse devrait être donnée dans la semaine du 6-7 avril.