Dossier de la semaine. Quel avenir pour les bureaux de proximité de La Poste ?

La diffusion en interne d'une liste de bureaux de Poste susceptibles d'être transformés soulève des interrogations dans le Jura. Cinq établissements seraient concernés, selon la CGT, tandis que La Poste assure qu'aucune fermeture n'est actée.

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Plusieurs bureaux de poste du Jura pourraient connaître une évolution de leur fonctionnement. Photo d'illustration

La question de l’avenir des bureaux de Poste de proximité revient sur le devant de la scène. Après la révélation par Mediapart de documents internes au groupe, plusieurs établissements pourraient connaître une évolution de leur fonctionnement. Dans le Jura, cinq bureaux seraient concernés, selon nos informations : Dole-Bedugue, Foucherans, Mont-sous-Vaudrey, Rochefort-sur-Nenon et Saint-Laurent-en-Grandvaux. Pour autant, aucune fermeture n’est aujourd’hui actée.

Sollicitée, la direction régionale de La Poste entend clarifier la portée de ces documents. Les listes communiquées aux comités sociaux et économiques ne constitueraient pas un programme de fermetures, mais une base de réflexion avec les élus locaux. « Il ne s’agit donc en aucun cas d’une liste de fermetures de bureaux mais d’une base de discussion et de travail avec les élus locaux », insiste la direction. Les éventuelles transformations doivent s’inscrire dans le cadre du contrat de présence postale territoriale conclu avec l’État et l’Association des maires de France.

Pour expliquer cette démarche, le groupe met en avant la transformation des usages. En France, le volume annuel de courrier est passé de 18 milliards de plis en 2008 à environ cinq milliards en 2025. Dans le même temps, la fréquentation quotidienne des bureaux a été divisée par près de trois. La Poste souhaite ainsi adapter son réseau, notamment en développant des agences postales communales ou des relais commerçants lorsque l’activité d’un établissement devient insuffisante.

Une présence postale qui change de forme

Cette distinction entre fermeture et transformation constitue le principal point de divergence avec la CGT FAPT. « Pour La Poste, c’est une transformation. Pour nous, c’est une fermeture », résume Julien Jobert, secrétaire départemental du syndicat. À ses yeux, remplacer un bureau de plein exercice par un point de contact ne garantit pas le maintien des mêmes prestations. « Les usagers n’ont pas accès au même service », souligne-t-il, évoquant notamment les opérations bancaires et la confidentialité des échanges.

Dans un département rural comme le Jura, la question de l’accessibilité prend également toute son importance. Le représentant syndical évoque les habitants âgés ou isolés, pour lesquels le bureau constitue parfois un lieu privilégié d’accès aux services. À Dole, la transformation éventuelle du bureau de Bedugue laisserait celui de la place Grévy comme seul bureau de plein exercice. « Ce qui nous importe, c’est que les personnes puissent accéder au bureau de Poste en gardant le maillage », explique Julien Jobert.

La Poste défend néanmoins le maintien d’un maillage territorial. Fin 2025, elle recensait 17 000 points de contact en France, dont près de 6 500 bureaux et plus de 10 500 partenaires publics ou privés. Selon le groupe, 97 % de la population dispose d’un accès postal à moins de cinq kilomètres ou vingt minutes en voiture.

Des discussions attendues avec les élus

Au-delà des services proposés, les éventuelles réorganisations posent aussi la question de l’emploi postal. Julien Jobert explique que les agents concernés pourraient rejoindre d’autres établissements, mais redoute une diminution progressive des effectifs. Il regrette également le manque d’informations transmises aux représentants du personnel. « Normalement, quand l’employeur parle de dialogue social, dans le dialogue, c’est un échange », observe-t-il.

La CGT entend désormais se rapprocher des communes concernées. Un courrier doit être adressé aux maires pour les informer et les inviter à échanger sur l’avenir de leurs bureaux. Le syndicat défend le maintien d’établissements de plein exercice. De son côté, La Poste assure que « la transformation des bureaux de Poste ne se décrète pas sur une liste » et réaffirme sa volonté de rechercher des solutions adaptées à chaque territoire.

Pour l’heure, aucune échéance précise n’est annoncée pour les cinq établissements jurassiens évoqués. Leur avenir dépendra des discussions locales et des orientations finalement retenues.