Quel regard portez-vous sur votre action de députée au cours de l’année 2025 ?
Elle a été très particulière, puisque le Conseil constitutionnel a annulé l’élection législative de 2024. Du 13 février jusqu’à mi-avril, je n’ai pas siégé.
J’ai dû repartir en campagne électorale, seule en France, sans relais médiatique. C’est une expérience inédite, avec la difficulté de mobiliser un électorat dans ces conditions.
Sur quels dossiers avez-vous particulièrement travaillé et avec quels impacts pour le Jura ?
Le budget a été au cœur de mon travail : budget de l’État, budget de la Sécurité sociale. Ce sont des décisions qui ont des répercussions directes sur le financement des collectivités, mais aussi sur les entreprises, les commerçants et les ménages.
Dans un contexte où la pression fiscale est déjà très forte, je considère que l’augmentation des impôts ne peut pas être une solution durable. J’ai donc beaucoup travaillé sur la maîtrise de la dépense publique.
On voit que la croissance est inférieure à 1 %, alors que la dépense publique progresse davantage. Il y a un déséquilibre qu’il faut corriger.
Quelles ont été les principales préoccupations locales en 2025 ?
La ruralité reste une préoccupation majeure. Dans le Haut-Jura, nous n’avons ni autoroute, ni aéroport, ni gare TGV. Toutes les commodités présentes ailleurs sont absentes, même si le territoire a su s’adapter.
Le dossier le plus marquant a été celui de l’EHPAD du Mont-Bayard. Cela a été une véritable catastrophe pour les résidents, les familles et le personnel, avec des décisions prises du jour au lendemain et sans solution immédiate.
Cette situation a eu des répercussions sur l’hôpital de Saint-Claude, avec le transfert de résidents et une pression accrue sur les services. Elle pose aussi la question de l’équilibre financier entre les établissements et des conséquences pour l’avenir.
Plus largement, les élus locaux sont confrontés à la question des ressources. Aujourd’hui, chaque projet nécessite de trouver un équilibre financier entre les différents financeurs, dans un contexte où les marges de manœuvre se réduisent.
Comment vous organisez-vous entre Paris et la circonscription ?
Pendant la période budgétaire, j’ai participé à près de 340 heures de débats entre la commission des finances et l’hémicycle, parfois les week-ends.
Le reste du temps, je suis sur le terrain : permanences à Saint-Claude et à Champagnole, rencontres avec les élus, les associations. Cela permet de prendre la mesure des réalités locales et des projets.
Quels sont vos principaux chantiers pour 2026 ?
Je souhaite travailler sur l’évaluation de la loi montagne. Avec le changement climatique et l’évolution des habitudes touristiques, il faut adapter le modèle du tourisme dans le Haut-Jura.
Les Français partent plus souvent, mais sur des durées plus courtes. Il faut donc repenser l’offre, été comme hiver, et ses impacts sur le territoire.
Comment envisagez-vous la suite de votre engagement ?
J’ai toujours été proche du terrain, constante dans mes valeurs. Les gens savent qu’ils peuvent compter sur moi.
Je crois qu’en politique, il y a un maître-mot : l’authenticité. Il faut être soi-même. C’est une valeur forte dans le Haut-Jura.



























