Il a longtemps frôlé le sommet avant de le saisir à pleines mains. Après des années d’efforts, de doutes et de podiums frustrants, Benjamin Melot a enfin inscrit son nom au palmarès du Dakar, en remportant l’édition 2026 en catégorie Original (anciennement Malle Moto, comprenez sans assistance).
Depuis ses premiers pas sur le Dakar, Benjamin Melot nourrit une affection particulière pour la catégorie Original. Ancien mécanicien, le pilote y retrouve ce subtil équilibre entre exigence sportive et autonomie mécanique. « C’est une catégorie qui m’a toujours attiré », confie-t-il. Dès sa première participation, il termine deuxième. Une performance fondatrice, mais aussi le point de départ d’une obsession : gagner. Année après année, le Français se rapproche de son objectif, jusqu’à l’édition 2025, où la victoire lui échappe lors de la dernière étape. Une désillusion qui le marque profondément et le pousse à revenir encore plus fort.
Un Dakar loin d’être un long fleuve tranquille
Pour son neuvième Dakar, Benjamin Melot attaque la course avec l’intention d’imposer son rythme dès les premières étapes. Mais très vite, la concurrence se fait sentir. Son principal rival, le Roumain Emanuel Gyenes, creuse l’écart. « Je me demandais comment il faisait pour aller aussi vite tout en gérant », raconte-t-il. La course bascule au troisième jour, lorsque ce dernier chute et se blesse. Le pilote jurassien en profite pour revenir dans la bataille, avant de voir surgir un nouvel adversaire, l’Espagnol Josep Pedro.
La lutte est intense, sans le moindre relâchement possible. À la journée de repos, Benjamin Melot compte huit minutes d’avance… qu’il perd dès le lendemain. Tout se joue alors dans les dunes, lors d’une étape marathon décisive. Il y fait la différence, aidé par une pénalité infligée à son rival. L’écart se creuse, mais la pression reste immense jusqu’à l’avant-dernière étape.
« Tourner le stress en positif »
Tendu au départ, conscient qu’il peut tout perdre, Benjamin Melot parvient à transformer son stress en moteur. Résultat : son avance passe à 19 minutes à la veille de l’arrivée. De quoi aborder la dernière spéciale avec davantage de sérénité, sans jamais baisser la garde. « J’ai pu vraiment profiter, sans faire d’erreur », savoure-t-il.
Après près de 8 500 kilomètres et des journées à rallonge, parfois de 3 heures du matin à 21 heures, la ligne d’arrivée est enfin franchie. Le trophée est là, bien réel. « C’est des années de travail, de sacrifices, de rêves », souffle le vainqueur, repensant au petit garçon qui regardait le Dakar à la télévision. En 2026, ce rêve est devenu réalité.
Découvrez son aventure documenté sur Youtube : https://www.youtube.com/@benjimelot


























