Ce matin-là, les jeunes gens autour de moi empruntant la ligne 14 du métro de Paris s’en moquaient. Je voulais aussi rester assis entre mes deux arrêts… surtout qu’il y a un peu de trajet entre la bibliothèque François-Mitterrand et Madeleine. J’en ai toutefois été incapable. Même si une personne debout nous séparait, je me suis senti obligé de me lever. Simple question de respect !
C’était une vieille dame et un monsieur âgé, en couple déjà bien avant ma naissance, qui étaient montés dans notre rame. Ceux absorbés par leur écran ne les avaient sûrement pas remarqués. De nos jours, les connexions sont nombreuses mais la fuite et la solitude sont de bien tristes caractéristiques de notre époque. Je me suis levé et j’ai cédé ma place à la dame. Un acte gratuit qui me paraît normal. Elle a décliné le siège, préférant rester avec son mari. C’était son choix. Personne n’a alors bougé.
Il y a une dizaine d’années, en allant à Paris pour la première fois de ma vie avec ma grand-mère et mon grand-père, une personne s’était levée pour leur laisser la place dans le métro. De plus, il est souvent indiqué dans les transports en commun qu’il convient de céder sa place aux plus fragiles. Simple bon sens ! Mais cette fois-ci, personne n’avait, ou ne voulait, rien voir. Les deux sont donc restés debout.
Nous avons eu le temps d’échanger quelques phrases, puis une femme plus jeune que moi, dans la vingtaine, a pris la place que je venais de laisser. Voyez-vous, le respect des jeunes existe encore… j’en suis la preuve !


























