Dossier Habitat. Rénovation, isolation, énergie : le grand chantier invisible

Derrière les façades tranquilles de BFC, la rénovation énergétique avance… mais à pas comptés. Isolation, chauffage, aides publiques : le sujet est partout, pourtant les résultats tardent à se voir.

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©123RF

La rénovation énergétique est un enjeu majeur en Bourgogne Franche-Comté, région avec le plus grand taux de passoires énergétiques de la métropole, après l’Île-de-France. D’après la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), 42 % des logements étaient énergivores début 2024, dont 18 % classés F ou G. Un chiffre qui illustre l’ampleur du défi, dans un territoire où la facture énergétique pèse lourdement sur les ménages et où la lutte contre la précarité énergétique constitue une priorité croissante pour les pouvoirs publics.

Le parc est ancien, rural, souvent composé de maisons construites avant les premières normes thermiques : 61 % d’entre elles datent d’avant 1975. Murs en pierre, combles non isolés, fenêtres d’époque : les travaux sont complexes et coûteux. À cela s’ajoutent la méconnaissance des aides existantes, la crainte de démarches administratives lourdes et la peur de se lancer dans un chantier long, parfois perçu comme risqué. Beaucoup de propriétaires repoussent ainsi les travaux, faute de visibilité sur leur reste à charge ou sur les économies réelles à long terme.

MaPrimeRénov’ : en sursis en 2026

Après un blocage au 1er janvier, faute de budget, le dispositif MaPrimeRénov’ a été finalement reconduit pour 2026. Son budget sera maintenu « à hauteur de 3,5 milliards d’euros en 2026 », selon l’ex-ministre de l’Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin. Un signal rassurant, mais qui ne dissipe pas toutes les incertitudes.

MaPrimeRénov’ reste donc la principale aide pour la rénovation énergétique, mais son accès se resserre et ses jours sont comptés. Les montants dépendent toujours des revenus et surtout du gain énergétique réel. Concrètement, les Francs-comtois peuvent espérer quelques milliers d’euros pour une rénovation globale bien conçue, mais beaucoup moins pour des travaux isolés. Et sans accompagnement, nombre de dossiers n’aboutissent pas, faute de conseils techniques ou de diagnostics adaptés.

Chauffage : fioul, bois, PAC… ce qui progresse réellement

Les différentes manières de se chauffer ont des trajectoires inverses : le fioul recule nettement tandis que les pompes à chaleur progressent. Le bois progresse aussi, territoire historiquement forestier. Mais l’efficacité dépend tout le temps d’un point clé : une bonne isolation. Sans elle, la transition énergétique reste… invisible. Pour les acteurs locaux, le défi consiste donc à combiner sobriété, performance et accompagnement, afin que la rénovation devienne une réalité accessible, et non un luxe réservé à quelques ménages.