La rénovation énergétique tire largement l’activité du bâtiment. Isolation, remplacement des systèmes de chauffage, adaptation des logements anciens : les carnets de commandes sont assez remplis. Pour de nombreuses entreprises, la rénovation est devenue plus structurante que la construction neuve, dont le volume recule dans plusieurs secteurs. Ce basculement traduit une évolution profonde du marché, portée à la fois par les contraintes environnementales et par les besoins d’un parc de logements vieillissant.
Cependant, le contexte économique n’est pas au beau fixe et certains ménages retardent leurs projets de rénovation ou de construction. L’inflation, la hausse des taux d’intérêt et la baisse du pouvoir d’achat freinent les décisions, même lorsque les travaux permettraient de réaliser des économies d’énergie à moyen terme. Les entreprises doivent ainsi composer avec une demande plus hésitante, parfois fragmentée.
De plus, les profils qualifiés peuvent venir à manquer. Maçons, couvreurs, plombiers, électriciens : les entreprises du bâtiment sont constamment en demande. Résultat, les délais s’étirent sur plusieurs mois, parfois plus d’un an. Cette pénurie s’explique par des départs à la retraite non remplacés, une attractivité limitée des métiers et des formations encore insuffisantes localement. Les chefs d’entreprise soulignent aussi la difficulté à attirer des jeunes vers des métiers jugés pénibles, malgré des perspectives d’emploi stables.
Le coût des matériaux en 2026 : une nouvelle norme
Après les fortes hausses observées ces dernières années, les prix des matériaux se sont stabilisés à un niveau élevé en 2026. Bois, isolants, acier ou équipements techniques pèsent durablement sur le coût des chantiers, compliquant la planification des projets pour les particuliers comme pour les collectivités. Cette situation limite les marges de manœuvre budgétaires et oblige souvent à revoir les ambitions à la baisse.
Aussi, au-delà des salaires, le recrutement se heurte à des problématiques de logement, de mobilité et d’image des métiers. Dans un département rural, attirer et fidéliser la main-d’œuvre est devenu un enjeu stratégique pour maintenir l’activité et répondre à la demande croissante. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu est double : sécuriser les compétences et accompagner la transition énergétique sans casser la dynamique économique locale.

























