Dole. Une “soupe du jeudi” pour rompre l’isolement

À Dole, chaque jeudi soir, un repas soupe rassemble les personnes en précarité pour partager un moment solidaire et rompre l’isolement.

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Chaque jeudi soir, des repas cuisinés sont proposés aux plus démunis, comme ici avec Christophe et une bénévole.

À Dole, chaque jeudi soir, l’association L’Ouvre Porte donne rendez-vous aux personnes en situation de précarité autour d’un repas. À l’origine de cette initiative, Christophe Seingry, qui a lancé la structure en 2017 après la création d’un collectif citoyen sur Facebook. “Je proposais de faire des maraudes le samedi. Et les gens sont venus petit à petit”, explique-t-il. L’idée d’une association s’impose ensuite, malgré les contraintes administratives : “J’ai bossé trois mois dessus pour créer l’association. Ce n’était pas mon truc.”

Au départ, seules des soupes étaient distribuées. Aujourd’hui, le rendez-vous du jeudi s’est structuré. “On appelle ça la soupe, mais c’est un repas complet”, précise le fondateur. Servis entre 18 heures et 20 h 30, aux Arquebusiers, ces repas réunissent un public fluctuant. “Ça dépend des semaines”, note-t-il concernant l’affluence, évoquant “une vingtaine de repas” lors des périodes les plus fréquentées.

Un rendez-vous hebdomadaire et un suivi

L’association s’adresse en priorité “aux personnes sans domicile fixe”, mais reste ouverte à tous. “Toutes les personnes qui ont besoin de manger peuvent venir”, insiste Christophe Seingry. Une participation peut être demandée à ceux qui ont un logement, “pour éviter le profitage”, mais elle n’est pas obligatoire : “Si la personne nous dit qu’elle a faim, elle va manger.”

Au-delà du repas, l’équipe assure un accompagnement. “On discute, on voit l’état de santé, s’ils ont besoin de quelque chose, que ce soit des vêtements ou autres” , décrit-il. Les demandes sont prises en compte d’une semaine sur l’autre : “On leur ramène le jeudi d’après, en cas de besoin qu’on a identifié.” L’association oriente également vers les structures adaptées, en lien avec le CCAS ou d’autres acteurs : “On n’hésite pas à se passer les infos.”

Une précarité qui évolue

Avec une quinzaine de bénévoles, L’Ouvre Porte fonctionne sur un modèle souple. Les repas sont préparés soit par l’équipe, soit avec l’aide du culte musulman “trois fois par mois”. Parfois, même des bénéficiaires participent“des personnes vivant dans la rue viennent nous aider” détaille Cristophe.

Toutefois, ce dernier constate une évolution des situations rencontrées. “La précarité augmente”, affirme-t-il, tout en soulignant qu’elle est “souvent cachée”, notamment chez des personnes en logement. Selon lui, “l’inflation en fait beaucoup”.

Dans ce contexte, l’association poursuit son action, malgré des moyens limités. Chaque jeudi, aux Arquebusiers, le rendez-vous est maintenu, fidèle à son principe : accueillir, écouter et répondre aux besoins. “C’est le jeudi”, résume-t-il simplement, comme un point d’ancrage dans des parcours souvent instables.