La chapelle des Carmélites s’est vidée, mais l’éclat des étoffes semble encore flotter dans l’air. Du 11 au 15 novembre, Dole a accueilli l’exposition-vente de soieries lyonnaises au profit de Sufle pour Haïti, un moment où l’artisanat se mêle à la générosité.
Unique exposant, Christian Martin, héritier d’une maison familiale qui façonne la soie depuis plus d’un siècle, est revenu fidèle à cette action qu’il soutient depuis six ans.
La règle demeure inchangée : 20 % du chiffre d’affaires est reversé à l’association, une contribution qui donne à chaque foulard ou vêtement une portée solidaire.
La soie comme fil de solidarité entre Haïti et Dole
Au cœur de l’événement, l’engagement de Sufle pour Haïti rappelle l’objectif premier : former des médecins haïtiens à la réanimation, une spécialité longtemps absente dans le pays. Danielle Legagneur-Ravix, anesthésiste-réanimatrice et présidente de l’association, raconte son retour bouleversé du séisme de 2010 : “Je suis allée en Haïti à mes frais, parce que c’est mon pays“, confiait-elle. De ce choc est née la volonté d’agir et de structurer un véritable programme de formation.
Malgré les crises qui frappent encore la société haïtienne, les avancées existent. Une nouvelle interne haïtienne a pu rejoindre début novembre l’hôpital de Belfort, une étape encourageante, d’autant qu’elle coïncide avec le 18 novembre, date symbole de victoire dans l’histoire du pays. Autant de signes qui nourrissent l’espoir d’un renouveau.
Dans la chapelle, les visiteurs ont découvert foulards, étoffes et pièces uniques, reflet d’un artisanat lyonnais reconnu. Mais au-delà des couleurs et des matières, c’est la présence discrète d’Haïti qui a accompagné chaque échange. L’événement a pris, au fil des éditions, une ampleur croissante, devenant un rendez-vous attendu où la beauté de la soie lyonnaise rejoint l’urgence d’un soutien médical.
























