Jura. Un jeune Jurassien en mission au cœur d’un village togolais

Parti en novembre pour une mission civique exploratoire entre Arbois, Les Planches-près-Arbois et la commune togolaise de Doufelgou, Himed est rentré mi-février. Quatre mois d’immersion au plus près du quotidien ont nourri sa réflexion sur la coopération, et bousculé son propre regard sur le monde.

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Himed jeune jurassien au Togo
Au Togo, Himed a mis la main à la pâte et a découvert le maraîchage.

À son arrivée à Lomé, la capitale, il ne ressent pas le choc culturel redouté. La ville, dense et animée, peut rappeler certaines métropoles européennes, malgré la chaleur lourde.

Mais en gagnant Défalé, dans la commune de Doufelgou, le paysage s’ouvre sur une vallée à l’habitat dispersé, étiré sur plusieurs kilomètres. Ici, on se déplace à pied ou à moto, et la vie s’organise autrement.

Ce qui frappe le jeune Jurassien tient parfois à des détails très concrets. L’électricité, par exemple, se recharge sur téléphone portable : chacun achète les kilowattheures dont il a besoin avant de les transférer sur son compteur. Le mobile sert aussi aux échanges d’argent.

Dans un pays riche de plus d’une centaine d’ethnies et de langues, la modernité technologique cohabite avec une forte culture de l’oralité. Sous les abris ombragés, autour d’un arbre central, on se retrouve pour discuter, chanter, tresser la vannerie. Les décisions se prennent à plusieurs niveaux, du chef de quartier au chef de canton.

Une mission technique au cœur du quotidien

La mission d’Himed était avant tout exploratoire : observer, comprendre, identifier des pistes de coopération durables. Sur place, il s’est immergé dans les pratiques agricoles et alimentaires. Il a suivi la fabrication du Tchouk, bière traditionnelle à base de sorgho, brassée par les femmes durant près d’une semaine et consommée dans les deux jours.

Il a aussi proposé des ateliers de lacto-fermentation avec des lycéens, travaillant des légumes achetés au marché, dont le gombo, afin d’améliorer leur conservation.

Au fil des semaines, il découvre une alimentation simple, centrée sur la pâte de maïs fermentée ou le foufou d’igname, accompagnés de poisson et de sauce arachide. Pas de grandes surfaces, peu de superflu. \”Pas de lèche-vitrine, pas de shopping\”, résume-t-il.

Mission du jeune Jurassien dans un village, entouré d\

Une jeunesse attentive et engagée

Dans les collèges et lycées, il rencontre des jeunes nombreux, souvent contraints de s’éloigner de leur famille pour étudier. Certains quittent leur village le dimanche pour ne rentrer que le vendredi soir. Les salles de classe sont modestes, les infrastructures limitées, mais la curiosité est vive. \”Ils ont soif d’apprendre\”, insiste-t-il, évoquant des discussions avec un lycéen impressionnant par ses connaissances.

Le football, pratiqué par les filles comme par les garçons, constitue le principal loisir. Le reste du temps est partagé entre l’école et les responsabilités familiales.

Rentré mi-février, Himed mesure ce que ces mois lui ont apporté. “J’ai compris le confort”, confie-t-il simplement. Il dit avoir découvert la réalité du travail à l’étranger et gagné en maturité.

S’il n’abandonne pas l’idée d’un engagement dans le social, d’autres pistes émergent, notamment un intérêt pour la recherche et la coopération internationale.

Pour Himed, l’histoire ne s’arrête pas là. Il aimerait poursuivre au sein de cette coopération naissante, convaincu que ces liens, tissés patiemment, peuvent désormais s’inscrire dans la durée.