Lons-le-Saunier. En 2026, la Tour de l’Horloge s’offre une seconde jeunesse

Après plus de cinquante ans sans travaux majeurs, la Tour de l’Horloge de Lons-le-Saunier va bénéficier en 2026 d’une rénovation complète. La Ville investira 615 000 euros pour redonner une nouvelle fonction à ce symbole historique du centre-ville.

0
64
Tour de l’Horloge à Lons-le-Saunier
Jean-Yves Ravier souhaite redonner à la Tour de l’Horloge toute sa place dans le cœur de Lons-le-Saunier.

Édifiée à l’origine comme un élément des fortifications de Lons-le-Saunier, la Tour de l’Horloge apparaît dans les archives dès 1364. À cette époque, la cité comtoise, encore sous domination des Habsbourg, se protège des incursions militaires par un système de fossés et de portes fortifiées. La tour marque alors l’une des entrées de la ville et joue un rôle à la fois stratégique et symbolique, signalant le passage entre l’extérieur et le cœur urbain.

Les guerres du XVIᵉ siècle bouleversent profondément le site. En 1595, les troupes d’Henri IV incendient le faubourg Saint-Désiré jusqu’à la tour, laissant le secteur en grande partie détruit. Un demi-siècle plus tard, la Tour de l’Horloge est décrite comme un édifice en ruine. La ville décide alors de la reconstruire et d’en faire un véritable lieu de pouvoir municipal. L’installation d’une horloge en 1679 marque un tournant : la porte devient un beffroi, surmonté d’une cloche destinée à rythmer la vie collective et à convoquer le conseil de ville.

L’édifice prend sa forme actuelle en 1759, sous la direction de l’architecte Philibert Douillon. Son architecture plus classique s’inscrit dans un centre-ville en pleine transformation, où la place voisine devient un espace civique. La tour accueille alors un corps de garde pour les sergents municipaux, avant de connaître, au XIXᵉ siècle, une série d’usages commerciaux, de la boutique de lunettes à la mercerie. Les fouilles réalisées à cette période révèlent les vestiges de la tour médiévale primitive, avec des murs de près de trois mètres d’épaisseur, rappelant la fonction défensive originelle du site.

Une nouvelle jeunesse pour le bâtiment

Mais sans rénovation depuis 1972, la tour s’est fortement dégradée. Après le départ du lapidaire en 2021, la Ville a entamé une série de démarches. « Ce n’est pas compliqué, tout est à refaire, » explique Jean-Yves Ravier, maire de Lons-le-Saunier.

La Ville investit 615 000 euros, soit 7 % de son budget annuel, pour faire de cette tour hors norme un lieu d’animation ou des locaux temporaires pour l’office de tourisme. La location à long terme n’est plus envisagée. « Ce n’est plus d’actualité. Il y a tellement plus de potentiel pour cette tour. On pourra la louer pour des animations temporaires, par exemple, » renchérit le maire.

Bien que la tour soit petite sur les plans, les travaux seront tout de même colossaux : sols, électricité, charpente, façades, cloche… tout y passera.