Dossier formation. Qualité, contrôles et certifications : la nouvelle ère des organismes de formation

Depuis 2025, la formation professionnelle entre dans une phase de régulation renforcée, avec un contrôle accru de la qualité des parcours, de la certification et de l’usage des financements publics, notamment via le CPF et la formation à distance.

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Serrage de main entre 2 personnes
Les contrôles vérifient à la fois l’organisation des organismes, la réalité des formations et le suivi des apprenants.

Après plusieurs années de forte expansion, portée par le CPF et l’essor du e-learning, le secteur de la formation professionnelle doit désormais répondre à des exigences plus strictes. L’objectif des pouvoirs publics est clair : garantir que chaque euro investi produise des compétences réellement mobilisables sur le marché du travail et sécuriser l’emploi des bénéficiaires.

Qualiopi et audits plus ciblés

La certification Qualiopi, déjà indispensable pour accéder aux financements publics et mutualisés, fait désormais l’objet d’audits plus fréquents et approfondis. Les contrôles portent non seulement sur les procédures internes des organismes, mais aussi sur la réalité des actions de formation, la traçabilité des parcours et la satisfaction des apprenants. Les financeurs publics et les OPCO croisent leurs données pour détecter rapidement les anomalies et prévenir les dérives. Parallèlement, de nouveaux indicateurs d’impact sont expérimentés pour évaluer l’efficacité réelle des formations et guider les décisions d’investissement public.

Le Compte personnel de formation (CPF) est particulièrement scruté. L’État et la Caisse des dépôts ont renforcé les contrôles pour lutter contre la fraude, les formations fictives ou les pratiques commerciales abusives. Les organismes doivent désormais prouver l’assiduité des stagiaires, la réalité des contenus dispensés et l’atteinte des objectifs pédagogiques. Les sanctions peuvent aller jusqu’au déréférencement des plateformes et au remboursement des sommes perçues, renforçant ainsi la transparence du système.

Les certifications inscrites au RNCP ou au Répertoire spécifique sont également concernées. L’admission des titres repose désormais sur des critères de résultats mesurables, tels que le taux d’insertion dans l’emploi, l’évolution professionnelle des bénéficiaires et l’adéquation aux besoins des entreprises. Les titres peu performants ou insuffisamment reliés au marché du travail sont progressivement écartés, créant une véritable sélection naturelle des certifications les plus efficaces.

Une professionnalisation des organismes

Pour répondre à ces nouvelles exigences, les organismes doivent professionnaliser leur modèle. Cela implique une ingénierie pédagogique plus rigoureuse, une meilleure évaluation des acquis, des outils de suivi renforcés et le développement de partenariats étroits avec les entreprises. L’objectif est de garantir que la formation professionnelle devienne un levier fiable d’employabilité, de compétitivité et d’efficacité économique, tout en assurant la transparence et la confiance dans le système.

En 2026, cette nouvelle ère de régulation marque un tournant : la formation n’est plus seulement dispensée, elle est pilotée et contrôlée pour produire un impact concret et durable sur les compétences, l’emploi et la performance globale des organisations.