Dossier de la semaine. +10% de bénéficiaires : les Restos du Cœur du Jura s’inquiètent

En 2025, les Restos du Cœur ont fait face à une hausse préoccupante de 10% du nombre de bénéficiaires, une tendance qui touche aussi le Jura.

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Restos du Cœur Jura aide alimentaire
Des équipes d'une vingtaine de bénévoles préparent les distributions tous les jours.

Dans le Jura, près de 1 500 familles sont aujourd’hui accompagnées par l’association. Cela 10 % de plus qu’en 2024, une augmentation similaire à celle observée au niveau national. Ces chiffres inquiètent Bernard Bretin, responsable de la communication départementale des Restos du Cœur. « La pauvreté progresse de manière préoccupante », alerte-t-il.

Le département présent salon de l'agriculture 2026

À Lons-le-Saunier, le centre accueille à lui seul près de 500 familles, soit environ un tiers des bénéficiaires jurassiens. Les profils des bénéficiaires ont évolué : 50 % des bénéficiaires sont des personnes seules, de tous âges, contre 25 % de familles monoparentales et 25 % de familles dites “classiques”. « Ce qui plombe les budgets de nos bénéficiaires ce sont toutes ces factures d’énergie », souligne Maryse Meunier, co-responsable du centre de Lons-le-Saunier. Une réalité également observée dans des centres plus petits comme Champagnole, qui ne compte pourtant qu’une quarantaine de familles bénéficiaires. « En général, quand on se rapproche de la frontière suisse, les problématiques sont différentes », explique Bernard Bretin.

Lons-le-Saunier et Dole, piliers de l’aide départementale

Dole et Lons-le-Saunier restent les deux centres les plus actifs du département, ouverts cinq jours par semaine, contrairement aux structures de Morez, Arbois ou Champagnole, ouvertes un seul jour. « Environ 70 familles, voire davantage, viennent chaque jour chercher de la nourriture », précise Maryse Meunier. Ancien responsable du centre lédonien, Bernard Bretin observe une évolution nette des situations sociales. « Aujourd’hui, les familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses, ce qui implique souvent deux logements à soutenir. »

Les barèmes d’accès ont aussi évolué, à mesure que la précarité s’étend. « Quand on sait que le taux de pauvreté en France monte à 15,4%, cela n’a rien d’étonnant », souligne Bernard Bretin. En parallèle de l’aide alimentaire, les bénévoles collectent et redistribuent autant de vêtements chauds que possible pour faire face aux périodes de grand froid.

Le local de Lons déménage ?

Mais à Lons-le-Saunier, une autre inquiétude se fait pressante : l’état des locaux. Mis gratuitement à disposition par la municipalité, le bâtiment actuel, une ancienne école maternelle des années 1960 composée de préfabriqués, se dégrade fortement. « Il devait durer quinze ans, et cela fait près de soixante ans qu’il est encore utilisé », rappelle Bernard Bretin. Les infiltrations sont fréquentes et nécessitent régulièrement l’intervention des services municipaux.

Un déménagement est envisagé vers un site avenue du Stade. Mais l’aménagement de l’entrepôt représenterait 210 000 euros. Pour y parvenir, les bénévoles ont lancé une cagnotte en ligne.