Vivre et laisser mourir : le combat continue

A l’instar d’Alain Cocq, malade handicapé et en souffrance, des jurassiens demandent une seule chose : le droit de partir en paix. Une cause défendue par l’ADMD, qui organise un débat sur ce tabou  à la vie dure…

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Brigitte Prost-Blondeau milite aussi pour un accès universel aux soins palliatifs.

Atteint de longue date d’une maladie orpheline incurable, le combat médiatisé d’Alain Cocq, 57 ans, illustre bien un paradoxe franco-français insoutenable. Alors que –selon un sondage IFOP- « 95% des Français sont favorables à la légalisation du suicide assisté » selon l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), de nombreux patients ne voient aucun espoir venir. Atteints de maladies graves, incurables, infligeant une souffrance physique ou morale inapaisable, on leur refuse de partir dans la dignité.
Le résultat selon Brigitte Prost-Blondeau, délégué ADMD 39, de la loi Leonetti/Claeys, « une loi faite par des médecins pour des médecins ».
A ce sujet, Jean-François Louvrier, président du Conseil de l’ordre des médecins, a tenu à préciser : “Cette loi permet d’assurer une prise en charge du patient dans le respect de ses convictions exprimées ou anticipées, et dans le cadre d’une procédure collégiale.
Elle permet d’ assurer une sédation profonde jusqu’au décès du patient, et c’est un compromis entre la situation antérieure et l’euthanasie. L’essentiel étant qu’elle réponde à une demande légitime des patients en souffrance, et que les médecins disposent d’ un outil n’impliquant pas leur conscience personnelle”.
L’ADMD demande toujours pour sa part que soit adoptée une loi sur « l’aide active à mourir ». En attendant, certains jurassiens s’exilent en Suisse pour bénéficier du suicide assisté : « un cadre très strict, avec autopsie après le décès, mais permettant d’être entouré par sa famille et/ou un médecin » précise Brigitte Prost-Blondeau. Une adhérente qui y a eu recours serait ainsi partie entourée de ses proches, après une dernière coupe de champagne…
Tout le contraire de suicides violents, traumatiques, qui restent parfois la dernière extrémité en France…
Selon l’ADMD jurassienne, la France semble de plus en plus isolée, puisque la Suisse, la Belgique et désormais le Portugal et l’Espagne prennent partie vers une fin de vie digne. En attendant, l’ADMD se bat aussi pour l’accès universel aux soins palliatifs : « Nous ne sommes pas contre ceux-ci…au contraire » assure Brigitte Prost-Blondeau, qui espère voir tomber le dernier bastion des tabous français. La France d’en haut « sait très bien trouver le médecin qui les aidera », quant aux autres…

A suivre (sous réserve du contexte) : film-débat le vendredi 6 novembre à la médiathèque des Cordeliers/ Lons-le-Saunier. A 18 heures, projection du film “Hôtel Salvation” puis débat avec le philosophe Stéphane Haslé.

Contact : www.admd.net/ permanence le samedi matin au 03 84 47 59 10