Jura. Lons le Saunier. Victoire historique de la gauche à Lons le Saunier

Bastion de la droite depuis 31 ans, la préfecture du Jura a fait la bascule du fait de dissensions internes à la majorité, mais aussi d'une volonté de changement.

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Moment historique : Jacques Pélissard (à d.) a intronisé son successeur, Jean-Yves Ravier.

A Lons le Saunier, Jean Yves Ravier, à la tête de ‘Changer de cap’, liste d’union gauche-écolo (EELV-PS-PCF) a réussi l’exploit de conquérir une ville bastion de la droite. Après 31 ans de règne de Jacques Pélissard (LR), il a recueilli 52,35 % des voix. Une victoire sur le fil, sans doute due aux reports de voix émanant de la liste ‘Atouts Lons’ menée au 1e tour par John Huet. Ce dernier, crédité de pas moins de 21%, avait en effet appelé à voter ‘Changer de cap’ après avoir renoncé à se présenter au 2e tour. Certains co-listiers de John Huet, très bien implantés sur les quartiers Mouillères-Marjorie ont également fortement incités leurs troupes et la jeunesse issue de diverses communautés à voter. Christophe Bois et sa liste ‘Vivre Lons’ (Agir, soutenu par Jacques Pélissard, LREM et LR) ont recueilli 47,65 % des voix. Une page, historique, s’est tournée pour la préfecture du Jura, avec l’installation du nouveau conseil municipal le 4 juillet.

Seule la victoire est belle : les colistiers de ‘Changer de cap’ ont laissé éclater leur joie après l’annonce des résultats.

Jean-Yves Ravier : de l’émotion et une immense responsabilité

Face à ce moment historique, la tête de liste de ‘Changer de cap’ a fait part de sa légitime émotion et du poids des responsabilités lui incombant. Reconnaissant que l’appel d’Atouts Lons « l’avait favorisé », il a insisté sur un long travail ayant permis de prendre le pouls, le ressenti des lédoniens. « On n’a pas envie d’être dépensiers, et on ne pourra pas tout faire du jour au lendemain » a-t-il déclaré, même si un conseil municipal exceptionnel devrait se réunir d’ici la mi-juillet pour aborder une série de mesures d’urgence liées à la situation économique et sociale post-covid.

Christophe Bois a échoué à 2 points près.

Christophe Bois : la félonie d’Atouts Lons

Adoubé par Jacques Pélissard, Christophe Bois a clairement mis en cause les divisions de la majorité et « l’ambiance délétère qui y régnait depuis un an ». Une référence explicite à « la félonie » de la liste ‘Atouts Lons’. « Le parti radical a joué contre sa majorité pour des raisons personnelles et non pas politiques » a-t-il ajouté, appelant chacun à en tirer les conséquences. Sonné par ce résultat, alors qu’il était au départ parti en position de favori, Christophe Bois se tournera vers les échéances 2021 (élections départementales) après avoir digéré cet échec.

Jacques Pélissard : la crainte d’un retour à la case départ

Aux manettes depuis 31 ans, l’ex maire emblématique de Lons n’a pas caché sa déception et surtout sa crainte de voir son ‘héritage’ partir en fumée. Faisant référence à sa victoire sur Henri Auger (PCF) il y a 31 ans, il a rappelé : « J’ai mis des années à redresser la ville, il est plus facile de l’endetter que de la désendetter ». Après avoir félicité Jean-Yves Ravier, il a mis en exergue la saine gestion dont il héritait. Une manière de conjurer le sort et d’éviter que tous ses efforts soient réduits à néant par “des factions d’extrême gauche”.