Une rentrée scolaire presque normale

Jean-François Chanet, le recteur de l’académie de Besançon, a présenté lundi 30 août les perspectives pour l’année 2021-2022 sous le signe de l’ambition scolaire, la réussite des élèves et leur épanouissement malgré les contraintes liées au protocole sanitaire et le développement de la vaccination.

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Pour cette rentrée, le protocole sanitaire de niveau 2 s’applique partout. L’enseignement « distanciel » devient l’exception dans les collèges et lycées. Seuls les élèves contact sans vaccination complète devront poursuivre leur apprentissage à distance pendant 7 jours. Les élèves contact à risque justifiant d’une vaccination complète poursuivront les cours en présentiel.
Dans le premier degré, le présentiel est la règle mais un seul cas constaté entraînera la fermeture de la classe (les élèves du primaire n’étant pas vaccinés).
A compter du 30 septembre, les sorties scolaires des collégiens et lycéens dans les musées, cinémas, sites historiques, etc… se feront sans pass sanitaire si le groupe d’élèves est homogène mais restera indispensable en cas de brassage avec le public.
Jean-François Chanet a salué la conscience civique des enseignants, vaccinés à 90% sur l’ensemble du territoire et même un peu plus en Franche-Comté. Dès la rentrée, la vaccination va s’accélérer pour les collégiens et lycéens avec l’objectif d’atteindre 100% des élèves vaccinés pour les vacances de la Toussaint. En accord avec l’ARS Bourgogne Franche-Comté, des équipes mobiles du SDIS viendront dans chaque établissement procéder aux vaccinations sauf dans les collèges et lycées immédiatement proches d’un centre de vaccination. Jusqu’à 16 ans, l’accord d’un seul parent est nécessaire. Pour Jean-François Chanet « il ne s’agit pas de culpabiliser mais de convaincre… ce qui est important, au-delà de la vaccination, c’est la réussite des élèves ».

Pour Jean-François Chanet « il ne s’agit pas de culpabiliser mais de convaincre… ce qui est important, au-delà de la vaccination, c’est la réussite des élèves ».

La Franche-Comté, une des régions de France où l’on perd le plus d’élèves

Pourtant le recteur d’académie le confirme « nous conservons les moyens dans le 1er degré ». Malgré la baisse démographique annoncée de 1 225 élèves en moins (302 dans le Doubs, 259 dans le Jura, 421 en Haute-Saône et 243 dans le Territoire de Belfort), l’académie augmente le nombre de postes d’enseignants du premier degré.
Pour cette rentrée 2021, on enregistre 209 067 écoliers, collégiens et lycéens soit 108 644 élèves dans le premier degré (-1,3%) et 100 423 dans le second degré (+0,3%). Ils se répartissent dans 1 287 établissements dont 1 077 écoles, 143 collèges, 65 lycées et 2 établissements d’enseignement adapté.
La baisse des effectifs se répartit équitablement dans les quatre départements francs-comtois dans les écoles élémentaires et les collèges (-314 dans le Doubs et -332 dans le Jura). Les lycées (professionnels, généraux et technologiques) voient leurs effectifs augmenter respectivement de 1,5% et 2,8% par rapport à la précédente rentrée. Si l’encadrement augmente dans le premier degré, l’académie perd 41 enseignants dans l’enseignement public second degré. Pour le recteur, cette situation est liée au nombre important de petits établissements secondaires dans les zones rurales et à la difficulté de recrutement des enseignants vacataires (remplaçants en particulier). Il réfute par ailleurs le fait que des professeurs n’aient pas eu leur affectation avant le 14 juillet.

Lire, écrire, compter : le socle de l’école élémentaire

« La maîtrise des savoirs fondamentaux est la condition d’une scolarité réussie » a rappelé Jean-François Chanet. Il était entouré de Pascal Durand, Inspecteur d’académie du Doubs et de Mahdi Tamene l’Inspecteur d’académie du Jura. Le recteur ajoute que si l’acquisition du langage est la priorité de l’école maternelle, elle prépare mieux l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Dans l’académie de Besançon, on recense 21,7 élèves par classe, une moyenne inférieure au niveau national.

Près de 30% des lycéens sont des lycéens professionnels

Pour la Franche-Comté, la voie professionnelle est une voie d’excellence. Le monde social et professionnel, en constante évolution, nécessite des apprentissages généraux et professionnels en synergie. L’individualisation des parcours au lycée professionnel permet aux élèves de développement leur ambition, d’apprendre un métier avec la souplesse nécessaire pour une insertion professionnelle réussie ou la poursuite d’études supérieures. Depuis 2018, le nombre d’élèves en Bac Pro poursuivant une formation post-bac est passé de 33% à 43%. Voie de réussite, les étudiants francs-comtois en BTS réussissent leur parcours en deux ans à 81%.

6 056 élèves internes pour cette rentrée 2021

Dans une région fortement rurale, la Franche-Comté compte une forte proportion d’internes dans les collèges et lycées. Cette année dix internats de l’académie sont labellisés « internats d’excellence » dans lesquels chaque élève bénéficie d’un accompagnement pour favoriser l’ambition scolaire. Chaque internat propose une spécificité éducative propre dans un rythme des journées adaptée aux besoins des élèves. Ces dix internats d’excellence sont situés en milieu urbain (Audincourt, Belfort), périurbain (Saint-Claude, Vesoul, Pontarlier) ou rural (collèges de Maîche, de Morteau, lycées de Mouchard, Morez et Luxeuil-les-Bains). Réussite scolaire pour tous, projet éducatif dédié aux élèves, espace ouvert au monde mais ancré dans son territoire sont les trois clefs du succès de ces internats d’excellence.

L’ambition sociale et scolaire

Grâce aux « cordées de la réussite », l’académie vise à renforcer l’ambition des jeunes et les inscrire dans un parcours de réussite. Durant l’année 2021-2021, 3 600 jeunes ont bénéficié de 17 cordées réparties dans 84 établissements de Franche-Comté. Parallèlement, de nouvelles conventions ont été conclues avec SciencesPo Paris pour recruter des jeunes issus de territoires défavorisés. Politique d’égalité des chances de l’institut parisien, elle concerne cette année quatre lycées de l’académie (Raoul Follereau à Belfort, Edgar Faure de Morteau, Germaine Tillion de Montbéliard et Pré-Saint-Sauveur de Saint-Claude).

L’école, c’est bien plus que l’école

« L’établissement scolaire, en même temps qu’il est un lieu d’acquisition de savoirs et de développement d’un esprit scientifique et critique, est celui d’un apprentissage commencé dès l’école élémentaire, des règles de vie démocratique et des droits et devoirs attachés à l’exercice de la citoyenneté » (Guide de la démocratie scolaire – juin 2021).
Assurer strictement la laïcité, lutter contre tous les harcèlements et sécuriser les établissements scolaires, c’est assurer un apprentissage dans un climat apaisé : un challenge ambitieux dans cette rentrée troublée par l’intégrisme religieux ou la violence de certains quartiers.
L’école doit redevenir un sanctuaire de l’apprentissage du savoir pour tous.

Yves Quemeneur