Une plainte déposée pour le vol d’un crâne de bison

Il avait été découvert en 2012 dans une grotte privée de Montmorot. Des spéléologues se sont aperçus de sa disparition en octobre dernier. Son voleur l’a arraché de la corniche sur laquelle il était conservé, l’abîmant.

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Le crâne de bison photographié par Michel Menin.

La Direction régionale des affaires culturelles (Drac) vient de déposer une plainte au commissariat de Lons-le-Saunier. Un crâne de bison, découvert en 2012 dans une grotte privée de Montmorot, fermée, a été dérobé en octobre. « Le coupable ne peut être que quelqu’un ayant un minimum de pratique de la spéléologie, dénonce Michel Menin, président du Comité départemental de spéléologie. Je condamne ces faits. »

Pour lui, un tel crâne doit se monnayer assez cher. Mais il a souffert puisque son voleur l’a arraché de la corniche sur laquelle il était miraculeusement conservé intact depuis plus de 10 000 ans. « Des travaux étaient prévus. Il fallait un traitement chimique adapté, l’emballer et tailler la roche autour pour ne pas l’abîmer », explique le spéléologue.

Des aménagements devaient même être réalisés. Une nouvelle entrée dans la grotte aurait permis d’éviter le long parcours à plat ventre dans l’eau pour le ramener à la surface. « Il était convenu avec la Drac qu’elle découpe et qu’elle emmène le crâne découvert par le spéléologue Jean-Noël Outhier dans ses bureaux pour le dater, explique François Lerch, le propriétaire de la grotte de Montard, appelée également grotte de Madame Villard, du nom de l’ancienne propriétaire. En contrepartie de notre don, nous aurions reçu une copie. » L’histoire en a décidé autrement.

Une grotte explorée depuis les années 80

La grotte de Montard se situe à Montmorot sur un terrain privé, en limite avec Saint-Didier. Elle a été ouverte et explorée à la fin des années 80 par le Groupe spéléologique jurassien. Après une zone basse et aquatique, la grotte développe environ 500 mètres de galeries étagées avec quelques ramifications. Plusieurs diverticules aboutissent sur des cheminées qui s’approchent de la surface.

Dans l’une de ces cheminées, a été découvert un crâne de bovidé préhistorique. La présence de ce crâne explique la discrétion qui a entouré cette découverte jusqu’à ce jour, souligne le Comité départemental de spéléologie dans sa feuille de liaison à ses adhérents.

Courant septembre 2018, le club Exsurgence a repris les explorations et la topographie avec l’accord du propriétaire. Le 29 septembre, le crâne a pu être observé en place. Le 13 octobre, au cours d’une nouvelle visite, l’équipe a constaté qu’il avait disparu…