Une œuvre d’art rare à Mont-sous-Vaudrey

Oublié dans le grenier de la mairie du village, ce tableau d’un peintre officiel de l’Élysée fut redécouvert dans les années 1970. Le mois dernier, suite à une consciencieuse restauration, l’huile sur toile revint dans la commune. Récit d’un périple coloré…

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Germaine Oudot, présidente de l’association culturelle Amaous et Bernard Fraizier, maire de Mont-sous-Vaudrey depuis 1995.

 

Peinte en 1880 par Jules Arsène Garnier, cette huile sur toile représente le premier 14 juillet à l’hippodrome de Longchamp. En effet, suite à la promulgation de la loi Raspail le 6 juillet 1880, la fête nationale – pour commémorer la Fête de la Fédération (1790) et par extension la prise de la Bastille (1789) – doit se dérouler annuellement le 14 juillet. Par conséquent, ce symbole républicain fut établi sous le président jurassien Jules Grévy (1879-1887). « C’est la remise des drapeaux. Tous les drapeaux sont remis officiellement aux armées » souligne Germaine Oudot, présidente de l’association Amaous.

Oublié dans un grenier

En 1945, la famille Grévy mit à disposition le château-Gaillard pour les colonies de vacances. Alors, elle donna le tableau – encore une simple toile roulée – à la municipalité. Dans le grenier, au-dessus de l’école, l’œuvre d’art disparut des mémoires.
Germaine Oudot raconte sa redécouverte : « Dans les années 1970, Mr Chamouton, qui était alors au conseil municipal, et Mr Mignot allèrent au grenier et buttèrent contre cette toile, au sol. Quand ils l’ont déroulé, ils ont dit : qu’il est beau ce tableau. Mr Chamouton a fait le cadre et a tendu la toile avec de la colle ».

« Il a été mis à l’honneur tout de suite dans la salle du conseil municipal. À tel point que le préfet a voulu le récupérer. C’est comme ça que l’on s’est rendu compte qu’on avait une pièce rare » précise Bernard Fraizier, maire de Mont-sous-Vaudrey depuis 1995.

« C’est la remise des drapeaux. Tous les drapeaux sont remis officiellement aux armées » souligne Germaine Oudot, présidente de l’association Amaous.

Un préfet séduit

L’huile sur toile fut ensuite transportée soigneusement dans la salle du patrimoine, dispositif de médiation culturelle dans lequel elle est toujours conservée. Visitant la mairie, le préfet Jacques Quastana (2013-2016) fut subjugué par l’œuvre, si bien que durant deux années, le tableau fut prêté pour les journées européennes du patrimoine à la préfecture et exposé dans la salle d’honneur.

Véritable admirateur du tableau de Jules Arsène Garnier, le préfet encouragea la municipalité à engager une restauration. Le dossier de financement constitué, l’huile sur toile partit en février à Besançon au Centre Régional de Restauration et de Conservation des Œuvres d’Art. De retour à Mont-sous-Vaudrey depuis octobre dans la salle du patrimoine, la population peut y accéder sur demande. Pour ceux qui préfèrent attendre, une réception pour la sortie du livre Mont-sous-Vaudrey autrefois (1879-1990) sera organisée dans ce lieu.

« Ils ont fait un gros travail. On remercie les aides de l’État sans qui rien n’aurait été possible » conclut le premier magistrat de la commune.

Une restauration en quelques chiffres

Le montant final : 12 783,60

Subvention de la région au titre de la DRAC : 4 834,00

Subvention du conseil départemental : 1 800,00

Autofinancement : 6 149,60