Une nouvelle exposition au musée de Dole

Le musée des beaux-arts de Dole organise, de ce vendredi 4 octobre jusqu’au 2 février 2020, l’exposition « Giulia Andreani. La cattiva », sous le commissariat de Julie Crenn et d’Amélie Lavin.

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Première exposition muséale consacrée à cette jeune « artiste chercheuse » italienne, l’exposition s’inscrit dans la continuité d’une récente résidence faite à la villa Médicis, centrée sur la question des femmes artistes actives dans l’histoire des arts. A partir de ce noyau qui constituera le fil conducteur de l’exposition, l’accrochage fera une plus large place aux thématiques militantes sensibles dans l’œuvre de l’artiste, déjà présentes en filigrane au musée de Dole dans le cadre de l’exposition « Peindre, dit-elle chapitre 2 » en 2017.

Une artiste chercheuse

Giulia Andreani, née en 1985, à Venise, est une artiste chercheuse. Ses œuvres, majoritairement des peintures sur toile et sur papier, résultent de fouilles dans les archives d’une personne, d’une ville, d’une institution. L’artiste récolte des images qu’elle va digérer puis transposer au pinceau. La transposition n’est pas fidèle, des choix plastiques et critiques transforment la photographie originale.

Giulia Andreani recherche des images liées à des chemins de traverse vis-à-vis du grand récit de l’Histoire. Les peintures amènent à penser autrement ce récit. Il est alors question des femmes, des migrants, des enfants, des colonisés, des ouvriers, des résistants, de celles et ceux qui dérangent le récit dominant.

Entre 2017 et 2018, l’artiste est pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Le contexte donne lieu à une longue recherche dans les archives et la bibliothèque de l’institution. Les premiers mois sont entièrement consacrés aux premières femmes artistes entrées à la Villa Médicis. Giulia Andreani s’intéresse aux histoires et aux trajectoires de Lucienne Heuvelmans (prix de sculpture en 1911), de Lili Boulanger (prix de composition musicale en 1913) et d’Odette Pauvert (prix de peinture en 1925).

Sa recherche va donner lieu à des croisements de temporalités entre les artistes du passé et les artistes résidentes en 2018. Elle procède ainsi à des translations entre les anciennes pensionnaires et Lise Charles (écrivaine), Claire Lavabre (designer) et Stéphanie Solinas (artiste). Ces trois créatrices sont devenues ses modèles.

Les œuvres réalisées à Rome traversent l’ensemble des salles. Elles sont mises en dialogue avec des créations entre 2010 et 2019.

Musée des beaux-arts de Dole, 85, rue des Arènes. Tous les jours, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h (sauf dimanche matin et lundi toute la journée). Vernissage ce vendredi, à 18 h 30. Gratuit. Plus d’informations au 03 84 79 25 85.