Une gratiféria qui en jette

À la fin du mois dernier, durant un après-midi, la troisième édition de la gratiféria organisée par le collectif KesKonFé a été accueillie avec enthousiasme. Vers la salle des fêtes de Villers-Farlay, prêtée gracieusement par la municipalité, une soixantaine de personnes ont profité de ce marché atypique, puisque gratuit. Une action citoyenne dont le succès est en essor. Reportage.

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"Ça s'est super bien déroulé. On a pu se mettre en extérieur. Les gens étaient contents et curieux de ce concept-là", souligne Aurore, membre du collectif KesKonFé.

 

Il y a quelques années, le film Qu’est-ce que l’on attend ? de Marie-Monique Robin a inspiré deux citoyens qui ont voulu trouver des alternatives environnementales adaptées au Val d’Amour. Bientôt, le collectif KesKonFé naquit. « Après avoir vu le film Qu’est-ce qu’on attend ? on s’est dit « Qu’est-ce qu’on fait ? ». Dit autrement : KesKonFé, pour plus d’impact visuel et solliciter la curiosité », notait le porte-parole Jean-Michel Joffre lors d’un entretien pour le Mag 39 en début d’année.

À son paroxysme, ce collectif non structuré comptait une soixantaine de personnes.
Sept commissions ont alors été créées autour de sept thématiques (de la terre à l’assiette ; déplacement responsable ; habiter, réhabiliter autrement ; production d’énergie ; déchets, traitement, valorisation ; éducation et vivre ensemble ; ressources, préservation, biodiversité). Émergent d’une réflexion commune, un marché gratuit a été proposé dans le cadre « déchets, traitement, valorisation ». Une idée loin d’être jurassienne.

Importés d’Amérique latine, les gratiférias sont un moyen efficace de lutter contre le gaspillage matériel et la pauvreté. Proposition permettant d’agir localement en pensant globalement, ces marchés gratuits sont de plus en plus fréquents.

Faire appel au civisme…

« Ça s’est super bien déroulé. On a pu se mettre en extérieur. Les gens étaient contents et curieux de ce concept-là », souligne Aurore, membre du collectif KesKonFé. Cette citoyenne engagée reconnaît la diversité des objets donnés : « il y avait pas mal de vêtements, de chaussures et de livres. C’était très aléatoire en fonction des participants. Une quinzaine de personnes ont déposé des choses. Le concept n’est pas très connu dans le coin et les gens sont donc agréablement surpris ».  Le principe est simple : « Amenez ce que vous voulez, ou rien. Repartez avec ce qui vous plaît !« .

Les visiteurs sont globalement étonnés par ces nouvelles règles du jeu. N’ayant pas besoin de payer ce qu’ils désirent, beaucoup hésitent à emporter ce dont ils ont besoin. Évidemment, l’objectif n’est pas de devenir le fournisseur officiel des brocanteurs. Alors, les organisateurs veillent au bon déroulement de cette action basée sur le respect.

Vers la salle des fêtes de Villers-Farlay, prêtée gracieusement par la municipalité, une soixantaine de personnes ont profité de ce marché atypique, puisque gratuit.

…pour toujours plus de civisme

Cette gratiféria s’inscrit dans un chapelet d’actions pour favoriser le développement d’une confiance entre les Français, ainsi qu’un civisme fort sur notre territoire, actuellement loin d’être comparable au légendaire civisme des Suisses avec leurs self-services (endroits où chacun peut faire des achats à sa guise, en payant, et en récupérant sa monnaie dans une caisse souvent bien pleine). En France, nous n’en sommes évidemment pas encore là (si certains tentaient l’expérience ici, il est aisé d’imaginer l’état des caisses en libre-service), mais le bon déroulement de cette gratiféria témoigne du respect dont nous pouvons faire preuve.

Au même titre, l’idée est la même que celle des boîtes à livres qui fleurissent dans le Jura. Ce que l’on remarque en surprendrait plus d’un, mais les vols n’existent pas, car tout est donné. Globalement, la raison l’emporte sur la cupidité.

Ces actions sont une alternative à la société de consommation dans laquelle nous évoluons, devenue aujourd’hui dangereuse pour notre espèce.

►Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook du collectif : https://www.facebook.com/kkfjmj/