L’invitée de la semaine : Maryse Johann

Grâce à une collecte exceptionnelle (plus de 20% de dons supplémentaires), la Banque alimentaire du Jura pourra faire face à la hausse de ceux qui ne peuvent manger à leur faim. Une grande satisfaction pour la présidente, qui s’apprête à transmettre le flambeau.

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La présidente de la Banque Alimentaire du Jura raccroche après une embellie exceptionnelle.

Maryse Johann, comment s’est déroulée la collecte annuelle de cette année si atypique ?
La collecte s’avère en hausse d’environ 20% par rapport à l’an dernier. Cela prouve que la solidarité joue à fond dans le Jura. A l’aune de la pandémie sanitaire et de ses conséquences, chacun se dit « Cela pourrait être moi demain ».
Avec des résultats surprenants comme plus 1,5 tonne de nourriture collectée à Dole par exemple et la générosité particulière du groupe Leclerc : une collecte spéciale a eu lieu le 9 décembre, et le groupe nous donnera autant de produits que nous en aurons collectés dans ses magasins. Certains donateurs n’ayant pas pu venir en magasin nous ont aussi fait parvenir des chèques.

Cela compensera t-il la hausse des besoins ?
Oui, cette belle collecte devrait couvrir la hausse des bénéficiaires, estimée à environ 20 %. Une hausse liée aux effets économiques de la pandémie, qui fait que davantage de jurassiens ne mangent pas à leur faim. Nos stocks qui étaient au plus bas sont reconstitués. Et nous n’avons jamais eu autant de bénévoles pour trier les produits à la plateforme départementale de Champagnole

Une grosse satisfaction d’autant plus que rien n’était gagné d’avance ?
En effet, car beaucoup de nos bénévoles se comptent parmi les seniors. Près de 900 bénévoles ont assuré la collecte annuelle fin novembre dans 75 points de vente : beaucoup de jeunes ont accepté de les remplacer ponctuellement. Les missions locales du Jura nous ont bien épaulé, et nous ont fourni cinq jeunes dans le Nord Jura et cinq autres dans le sud Jura.

Votre collecte pourrait représenter environ 25% de vos besoins annuels (contre 18% l’an dernier). Quid des 75% restants ?
Alors que l’Europe discutait depuis deux ans d’une remise en cause de son soutien, celui-ci a été pérennisé. Et l’État français  a octroyé une aide exceptionnelle à la Banque Alimentaire nationale, on est passé d’environ 25 500 € en 2019 à 136 500 € en 2020. Du côté des grandes et moyennes surfaces, certaines chaînes sont très généreuses, alors que dans d’autres les ramasses sont devenues déplorables.
C’est la “déche” sur les produits frais, comme par exemple les fruits et les légumes. Nous travaillons donc avec des producteurs locaux, afin de conclure des accords pour acheter à prix négocié leurs cultures. Une faculté nouvelle, puisqu’avant la Banque Alimentaire n’avait pas le droit d’acheter des produits alimentaires. Nous avons aussi la chance de compter sur la générosité d’industriels de l’agroalimentaire comme les biscuits Bouvard (Dole), le groupe Bel, Clavière et Bolard, etc.

Comment se dessine l’avenir de votre association, que vous avez gérée comme une PME ?
Je vais passer la main au 1e janvier 2021 à Jean-Louis Duprez, qui apportera son réseau et son expertise, en particulier sur les équipements utiles à notre développement. Nous allons ainsi acquérir une machine à filmer les palettes, ainsi que des transpalettes électriques. Des outils indispensables, puisque notre plate-forme départementale située à Champagnole  occupe désormais 1000 m2 , grâce aux 200 m2 supplémentaires mis à disposition par les Restos du Cœur du Jura.

Recueilli par Stéphane Hovaere.

 

Les 900 bénévoles mobilisés pour la collecte ont reçu de nombreux dons, comme ici au Spar de Lons-le-Saunier.