Une autre vision de Baume-les-Messieurs

Dans son ouvrage, Mêta Jura vous invite à découvrir l’histoire singulière de cette reculée qui se termine brutalement en « bout du monde ». Morceaux choisis…

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La reculée est réputée pour la présence de nombreux chiroptères. Les grottes, mais aussi le bâti du village et l’abbatiale, offrent des gîtes à diverses espèces de chauve-souris. Le village abrite la seule colonie connue en Franche-Comté de Molosse de Cestoni.

Attractif à l’aube du Xe siècle

Baume présentait suffisamment d’attrait pour qu’Odon, futur successeur de Bernon à la tête de Cluny, et son compagnon Adhegrain (ou Aldegrin), s’y installent en 909 d’après la « Vita Odonis ». Selon ce texte, le monastère était alors doté d’une école et d’une maison d’hôtes, ce qui induit que l’établissement était déjà largement organisé et attractif à l’aube du Xe siècle.

Un important fonds aux archives

Des dizaines de milliers d’autres documents (NDLR aux archives départementales) renseignent sur presque toute la vie de l’abbaye pendant huit siècles ; les historiens sont loin de les avoir tous étudiés, ni encore confrontés à d’autres sources similaires ou complémentaires.

Baume-les-Moines

La rupture avec Cluny est totale au début du XVIIIe siècle. En 1759 le pape signe la bulle de sécularisation : les moines deviennent des chanoines, prêtres vivant en collégialité (…) Baume-les-Moines devient Baume-les-Messieurs.

De nouvelles études

Les données recueillies lors de ces recherches (NDLR étude d’archéologie du bâti entre 2007 et 2010) ont conduit à une relecture radicale du parti architectural primitif de l’abbatiale romane, caractérisé par un chevet à cinq chapelles échelonnées – et non à trois, comme on le supposait jusqu’alors -, ouvrant sur un transept saillant dont l’extrémité de chaque bras était surmontée par une tour de clocher.

Claus de Werve

Au milieu du XVe siècle, l’église abbatiale, ainsi dotée d’un ensemble peint et sculpté influencé par les chantiers bourguignons proches, pouvait rivaliser avec d’autres aménagements contemporains où intervient également Claus de Werve.

Baume-le-Jura

L’arrivée en 1791 d’un curé élu, Joseph Moyne, marque un tournant. D’esprit jacobin avancé, il inspire en 1792 la constitution d’une société populaire, « les Amis de la Liberté et de l’Egalité » qui regroupe une trentaine de membres et s’oppose à la municipalité plus modérée. Baume-les-Messieurs devient Baume-le-Jura.

Monuments historiques

Au XXe siècle, l’abbaye ne suscite pas autant d’intérêt que les grottes : ce sont des gens férus d’architecture et d’histoire qui la visitent, stimulés par le classement au titre des Monuments historiques de l’église en 1849 à l’instigation de Prosper Mérimée et d’Edmond Monnier, maître de forges à Baudin près de Sellières. Les bâtiments de l’abbaye sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1929 et 1933.

Roy, Coras, Gascar…

Artistes et écrivains trouvent leur inspiration dans ce site impressionnant à l’histoire singulière.

 

Pour en savoir plus, « Baume-les-Messieurs – Un bout du monde » dans la collection « Franche-Comté itinéraires jurassiens » de Mêta Jura. 10 euros. Bon de commande et liste des ouvrages consultable sur meta-jura.org (Villards d’Héria, Mont Rivel, Nozeroy/Censeau/Mièges, Château-Chalon, Orgelet, Salins-les-Bains, Poligny, Arbois…).