Une association dédiée à la sauvegarde du patrimoine polinois

Depuis les années 1980, l’association de sauvegarde du patrimoine polinois ne cesse de préserver et de valoriser le passé de Poligny, et de ses alentours. S’inscrivant dans le sillage de la société d’Agriculture, Sciences et Arts, fondée en 1859, elle compte aujourd’hui près de cent cinquante membres organisant régulièrement des actions culturelles aussi diverses que variées. Reportage au cœur de quarante ans d’engagement.

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Des voyages culturels sont fréquemment organisés pour permettre aux membres de fraterniser dans des lieux historiques, comme en juin 2019 à Ferney-Voltaire, sur les traces de François-Marie Arouet.

L’histoire d’une association culturelle

Le 26 juin 1984, jour de la création de l’association de sauvegarde du patrimoine polinois, les objectifs étaient clairs. Près de quarante ans plus tard, après quatre présidents à sa tête, les missions de l’association demeurent inchangées.

Permettant le développement de recherche sur l’histoire polinoise, cette association compte des membres cherchant véritablement à promouvoir la cité comtoise par son passé. Ainsi, dans cette optique, de multiples manifestations furent organisées ces quatre dernières décennies. Plus globalement, comme le laisse supposer le nom de l’association, le but ultime est de préserver, sauvegarder et valoriser le patrimoine de Poligny. « Or, ce patrimoine par sa qualité, son ampleur et sa variété ne se laisse pas découvrir facilement. À nous de l’étudier, de veiller à sa conservation, de le faire connaître aux nouveaux arrivants dans notre ville, à nos voisins, aux étrangers », résument les membres sur leur site internet.

Une tâche rude dans une ville abritant de nombreux lieux ayant un intérêt historique. D’hôtels particuliers du XVIIe siècle et XVIIIe siècle au couvent des Ursulines, en passant par la collégiale Saint-Hippolyte, Poligny dispose d’un héritage matériel conséquent. Alors, pour éviter que ces richesses périclitent, les membres de l’association imaginèrent des actions pour que la population appréhende son histoire. Comprendre pour mieux protéger les échos d’un passé qui se fragilise continuellement.

L’association finança aussi de nombreuses plaques en granite, qui sont notamment apposées sur des hôtels particuliers de Poligny.

Des actions sensibilisatrices

En 1984, la première véritable action de l’association fut de préparer une exposition intitulée « Les remparts » qui se tenait du 20 juin au 15 septembre 1985. L’année suivante, en mai 1986, les membres de cette association participèrent activement à une fête médiévale qui rencontra un certain succès. Ces engagements locaux finirent par porter leurs fruits puisque dix ans plus tard, en décembre 1996, la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) invita une délégation de l’association pour effectuer un recensement du patrimoine polinois en péril, à l’instar de l’église des Jacobins. Travaillant étroitement avec la mairie de Poligny, les membres de l’association se placèrent en défenseurs du patrimoine.

En 2015, sous la présidence de Jean-Philippe Caël, l’association participa au sixième centenaire de la collégiale Saint-Hippolyte de Poligny. Quatre ans plus tard, en 2019, les volontés de cette association permirent la numérisation d’un film ancien, Notre vieux Poligny, réalisé en 1958 par l’abbé Sage.

Parallèlement, tout au long de l’année, des actions plus banales s’enchaînent. Des conférences sont souvent données. Au même titre, des voyages culturels sont fréquemment organisés pour permettre aux membres de fraterniser dans des lieux historiques, comme en juin 2019 à Ferney-Voltaire, sur les traces de François-Marie Arouet.

L’association finança aussi de nombreuses plaques en granite, qui sont notamment apposées sur des hôtels particuliers de Poligny. Les bénévoles ne se contentèrent néanmoins pas seulement de valoriser le patrimoine polinois, puisqu’ils contribuèrent, par exemple, à l’élaboration d’une plaque en marbre rendant hommage aux vingt-quatre jeunes résistants arrêtés le 27 février 1944 à Vaudrey. Elle est aujourd’hui scellée sur la bâtiment abritant la mairie de ce village.

Une revue devenue culte

En octobre 1986, les membres de l’association décidèrent de créer un nouveau média pour publier des recherches sur l’histoire polinoise. La revue de l’association de sauvegarde du patrimoine polinois était née ! En décembre 2020, la COVID-19 n’empêcha pas la sortie de son trente-cinquième numéro. Les trente-cinq ans de publication n’entachèrent toutefois pas la pluralité des articles proposée, de l’histoire inédite des lieux-dits de la ville à celle du pain. Dans ce même laps de temps, près de trois mille pages sur l’histoire de Poligny furent finalement rédigées.

Une des publications de l’association de sauvegarde du patrimoine polinois. Consacrée notamment à la déportation, cette revue de 2012 permet d’appréhender certains événements locaux de la Seconde Guerre mondiale, comme la rafle de Poligny du 17 avril 1944.

Une sculpture polinoise à New-York

En 1415, Le duc de Bourgogne Jean sans Peur (1371-1419) offrit à sainte Colette, fondatrice du couvent des Clarisses de Poligny, une Vierge à l’Enfant de Claus de Werve (1380-1439). Né dans le comté de Hollande en 1380, Claus de Werve réalisa de multiples œuvres, notamment pour les ducs de Bourgogne.

En 1920, sa sculpture médiévale de Poligny fut toutefois vendue. Peu après, le Metropolitan Museum of Art de New-York en fit l’acquisition. Si bien qu’aujourd’hui encore, la statue y est exposée.

Peu avant le sixième centenaire de la collégiale, un membre de l’association souhaita la création d’une réplique. Main dans la main avec la municipalité et la Fondation du patrimoine, une souscription fut lancée pour réunir les trente-cinq mille euros nécessaires. Le robot chargé de reproduire la statue débuta son travail en janvier 2015. Un an et demi plus tard, en juillet 2016, la copie arriva sur les terres polinoises.

En 2016, une décoratrice colora la reproduction de la Vierge à l’Enfant de Claus de Werve.

La dernière revue est toujours disponible, au prix de vingt euros, dans plusieurs lieux de Poligny ou directement auprès des membres de l’association, via leur site internet.