Un projet de musée à vocation régionale imaginé avec la population

Les réunions se multiplient pour présenter le projet de musée à Lons-le-Saunier. Pour Jean-Philippe Huelin, conseiller délégué en charge de la culture, « ce projet doit être l’objet d’une appropriation par tous ».

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Le dossier est déjà bien avancé puisqu’une équipe scientifique de quatre personnes a établi le programme scientifique et culturel.

D’abord imaginé au Puits salé, aux Rochettes, puis à l’Hôtel de ville, le projet de musée à Lons-le-Saunier pourrait finalement voir le jour à l’Hôtel-Dieu, un cadre idéal. Il ne reste que la pharmacie à vider (un projet de construction est en cours).
La municipalité de Lons-le-Saunier a l’intention de défendre l’inscription de ce dossier dans le contrat de plan Etat – Région 2021-2026. Un dossier déjà bien avancé puisqu’une équipe scientifique de quatre personnes a établi le programme scientifique et culturel et que celui-ci a été voté à l’unanimité en avril par les élus. Il a également reçu l’agrément de l’Etat.

Un intérêt aussi pour les commerçants

Pour le maire, Jacques Pélissard, il y a trois intérêts : un intérêt patrimonial, culturel et touristique. Mais pour qu’il soit faisable, il doit être inscrit au contrat et faire l’objet d’un financement important : 50 % par l’Etat et 25 % par la Région sur les 20 millions d’euros hors taxe calculés. La Drac financera. Une étude de programmation est d’ores et déjà engagée par un cabinet spécialisé.
Jean-Luc Mordefroid, directeur du Centre de conservation, et ses trois collègues ont « rêvé » ce musée idéal, qui est souhaité au moins d’envergure régionale. Trois parcours seraient créés : archéologie, sciences naturelles, beaux-arts. Pour les beaux-arts par exemple, il existe 1 700 références et seules 10 % sont présentées.
Le président de l’Union des commerçants indépendants de Saint-Claude, Georges Roat, témoigne des retombées positives du musée de l’Abbaye sur le commerce. « On a des passionnés de peintures qui viennent dans nos magasins après avoir visité le musée, affirme le bijoutier. J’ai eu des très bons clients. J’ai reçu une dame très enthousiaste qui avait vendu des peintures pendant des décennies aux Etats-Unis. »

Le musée de Lodève en comparaison

Il est cité dans les réunions. Trois questions à Fadelha Benammar Koly, conseillère municipale de Lodève, vice-présidente de la communauté de communes Lodévois & Larzac déléguée à la culture.

Pourquoi le musée de Lodève a-t-il été créé ?
Pour mettre en valeur des collections permanentes. Le musée était jusqu’alors connu pour ses expositions temporaires alors qu’il possède des collections permanentes uniques. Ensuite pour le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite. Enfin pour une meilleure conservation des œuvres, mais nous sommes allés plus loin que ces objectifs et avons profité de l’occasion pour donner de nouvelles ambitions à notre musée.

Quels freins a rencontré le projet ?
Forcément financiers avec les baisses de dotation. Il reste encore l’aménagement de l’ancienne médiathèque à transformer en PC sécurité, les bureaux administratifs et la salle d’animation à faire dans les prochains mois.
Ensuite architecturaux. Le musée est situé en plein centre-ville. Quatre ans de travaux engendrent des incommodités de circulation par exemple. Les expositions ont temporairement été délocalisées dans le cellier des chanoines pendant la durée des travaux. Ce qui veut dire moins d’animations et de passages dans le centre-ville.

Quelles retombées aujourd’hui pour le territoire ?
Des retombées positives auprès de la profession. Nous venons d’apprendre que le musée de Lodève est nommé pour le prix 2020 du Forum des musées européens (European Museum Forum). C’est le 5e prix ou nomination reçu par le musée depuis sa réouverture en juillet 2018. Ce prix est décerné à un musée qui contribue très directement à attirer de nouveaux publics et à satisfaire ses visiteurs grâce à son atmosphère, son interprétation et sa présentation imaginative, son approche créative de l’éducation et de la responsabilité sociale.
Des retombées médiatiques. Je ne saurais compter le nombre d’articles, mais ils sont nombreux, ce qui signifie une image de marque valorisée auprès du public et un attrait plus grand pour tout le territoire du Lodévois et Larzac.
Des retombées en terme de fréquentation. Fin décembre 2019, nous serons à près de 45 000 visiteurs. Un très bon résultat au vu de la « concurrence » : il existe beaucoup de nouveaux musées, beaucoup d’expositions de qualité.
Une modification de la typographie du visitorat. Aujourd’hui, le  visitorat du musée est constitué pour plus du quart de familles grâce à des animations mises en place tout au long de l’année et particulièrement pendant les vacances scolaires.
Une reconfiguration du quartier. L’environnement proche du musée a changé : une galerie photo et un restaurant se sont installés et la bibliothèque a entrepris des travaux.