Un projet de consolidation et valorisation du château de Mirebel

Retour sur l’histoire de ce château médiéval, dont il ne reste que des ruines. Le lieu mérite qu’on s’y arrête. Il offre des panoramas formidables sur le Jura et un sentier botanique a été aménagé.

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Le logis, juste à côté du donjon.

A Mirebel, différents panneaux rappellent au visiteur l’histoire du patrimoine de la commune.
Le château médiéval de Mirebel, situé sur l’éperon rocheux au-dessus de Notre-Dame du Guêt, exista dès le XIIe siècle. De nombreux villages environnants en dépendaient. Le premier seigneur connu (mention en 1172) est Gérard Ier de Vienne. Jusqu’au XVe siècle, le château resta la propriété (et souvent la résidence) de la maison de Vienne, puissante famille du Comté dont le plus célèbre personnage est Jean de Vienne, amiral de France.
En 1422, le fief passa aux Chalon-Arlay, princes d’Orange qui devinrent, par mariage, Orange-Nassau et régnèrent sur les Pays-Bas jusqu’à nos jours. En 1479, les armées de Louis XI ruinèrent le château, qui ne s’en releva pas, même s’il servit encore de poste de guet jusqu’à ce que les troupes d’Henri IV détruisent définitivement en 1595 la tour encore restante. Inoccupé depuis, le château fut acheté, en 2002, par la commune de Mirebel.

Ses ruines

Sur un site de 400 m de long et 20 m de large, le château lui-même est délimité par deux fossés distants de 150 m au nord et au sud et par l’à-pic rocheux à l’est et à l’ouest. Des murs d’enceinte sont encore visibles partout.
A l’intérieur, on distingue d’abord un ensemble de creux et bosses cachant les restes de ce qui fut la basse cour. Plus loin et mieux conservés, le donjon du XIIIe siècle (grande fenêtre, latrines à encorbellement sur le côté à-pic et archère) et un bâtiment accolé moins ancien : le logis du seigneur (traces d’un chemin de ronde avec deux petites fenêtres). Finalement, on atteint ce qui fut la porterie. Cent mètres plus loin, se trouvent une redoute avec tour et une citerne-réservoir.

Le projet de consolidation et valorisation

Le projet global de mise en valeur du site de Mirebel comprend plusieurs étapes et répond à des objectifs de consolidation de l’existant et de mise en valeur du site en termes de panorama. La consolidation-restauration des murs du donjon et du logis se limitera à un rejointoiement des murs existants et au traitement des arases à la chaux naturelle. Aucun mur ne sera reconstruit. De même, la consolidation-restauration de la citerne nécessitera les mêmes prescriptions que précédemment. Le coffrage en bois de soutien de la voute (vaux et couchis) pourra être reconstruit, dans un souci de renforcement de cette dernière.
Une étude archéologique, dans l’esprit de ce qui a déjà été fait pour le donjon entre 2010 et 2013, sera réalisée préalablement aux travaux de consolidations. Le recrutement d’un archéologue sera donc nécessaire.
D’un point de vue touristique et panoramique, la création d’une plateforme de belvédère à l’intérieur de la tour de guet est projetée. Cette plateforme sera autoportante, sans aucune fixation sur les murs. L’escalier devra être adapté au terrain et aux murs qui seront conservés en l’état sans aucune modification. L’esthétique de cette plateforme et de son escalier devra être étudiée, afin d’assurer une intégration visuelle optimale. Diverses signalétiques sont également envisagées.

A suivre…

L’ensemble de ce projet devra être validé en amont par les différents services de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) et nécessitera le dépôt d’un permis de construire. La communauté de communes Bresse Haute Seille devra s’entourer d’un maitre d’œuvre pour la partie travaux mais également d’un archéologue agréé par la Drac pour la partie Consolidation de l’ouvrage.
D’un point de vue financier, le plan de financement n’est pas encore établi. Néanmoins, il est prévu des aides financières par la Drac pour l’étude archéologique à hauteur de 40 % du montant et pour les travaux de restauration-consolidation à hauteur de 30 % du montant HT. L’association PHM, la fondation du Patrimoine, le conseil régional et le conseil départemental seront sollicités.
Le plan de financement complet ainsi qu’un projet sous forme de cahier des charges détaillé, permettant au président, Jean-Louis Maitre, de lancer le recrutement d’une équipe de maitrise d’œuvre (architecte du patrimoine et archéologue), seront présentés au vote des délégués lors d’un prochain conseil communautaire.