Un peu de Sahara dans le Jura…

Les poussières sahariennes de samedi dernier ont aussi été détectées sur les analyseurs de qualité de l’air.

0
33
La Bourgogne-Franche-Comté, à l’instar d’une partie de la France, s’est réveillée sous un ciel jaune samedi 6 février dernier.

La Bourgogne-Franche-Comté, à l’instar d’une partie de la France, s’est réveillée sous un ciel jaune samedi 6 février dernier. Un phénomène dont une partie de l’explication se trouve sur un autre continent, avec des poussières sahariennes mises en cause qui sont parvenues jusqu’aux appareils de surveillance de la qualité de l’air d’Atmo Bourgogne-Franche-Comté !

Un phénomène météorologique étrange mais commun

Dans le répertoire des vents régionaux bien connus des météorologistes, le « sirocco » est un vent en provenance du Sud, très chaud et très sec, habituellement rencontré en l’espace de très brèves périodes aux alentours de l’été, notamment en Corse et sur le pourtour méditerranéen. Ce phénomène se produit surtout lorsque ce courant d’air est dirigé vers le nord via une dépression sur le secteur de la Méditerranée. En plein cœur de l’hiver, c’est pourtant bien ce vent en provenance du Sahara qui a soufflé de la Provence à l’Alsace, en passant par la Bourgogne-Franche-Comté ce samedi, charriant avec lui quantités de sable dans l’atmosphère.
A des milliers de kilomètres de chez nous, les minuscules grains de sable (ou poussières sahariennes) ont été entraînés en haute altitude puis amenés par des vents puissants. A leur arrivée chez nous se sont ensuite déposés un peu partout au sol, surtout si une pluie fine les a fait redescendre… ce qui explique que les voitures se sont retrouvées recouvertes d’une pellicule jaunâtre ou que les skieurs qui profitaient de nos paisibles paysages enneigés se sont retrouvés dans une ambiance insolite proche de celle des montagnes martiennes…

Une « rétrotrajectoire » de la masse d’air parvenue à Lons-le-Saunier, station ayant mesuré les niveaux les plus élevés samedi dernier. (source Prev’Est).

La réponse des appareils de surveillance

Ce phénomène nous montre que la pollution de l’air peut aussi avoir une origine naturelle. Ainsi cette pollution aux poussières désertiques s’est donc traduite samedi par un ciel jaune orangé observé dans différentes parties du pays, dont une partie de la Bourgogne-Franche-Comté. La plupart du temps, ce phénomène reste peu visible puisque les poussières sont véhiculées à haute altitude (entre 1 et 5 km). Cependant, ce samedi, les masses d’air ont pu parvenir à plus basse altitude, ce qui s’est traduit par une hausse des concentrations de particules PM10 enregistrées par les appareils de mesure de la qualité de l’air notamment sur la partie Est de la Bourgogne-Franche-Comté.
C’est ainsi qu’à Lons-le-Saunier, Montandon et Besançon, la qualité de l’air a été qualifiée de « mauvaise » pour la journée du samedi 6 février. Au point qu’à Besançon et Lons-le-Saunier, un dépassement du seuil d’information et de recommandation pour les personnes sensibles (fixé à 50μg/m3/j) a été constaté : le maximum revient à la cité lédonienne une moyenne de 77 μg/m3/j pour cette journée.
Cet épisode de pollution était quasi achevé dès le lendemain, avec la survenue de pluies ayant permis le « lessivage » de l’atmosphère, autrement dit d’entraîner au sol les polluants de l’air, dont ces particules de sable.

Ci-contre la cartographie des moyennes journalières en particules PM10 en France pour le samedi 6 février (source : Prevair).