Un nouvel accueil de jour pour les plus démunis

La ville de Lons-le-Saunier a investi plus de 275.000 € pour offrir aux plus démunis un abri, une pause dans leur difficile parcours. Visite guidée.

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La ville essaye de trouver des solutions,, face à la présence constante de SDF près de l'office du tourisme.

Lorsque l’ex-accueil de jour, situé rue Marcel Paul, a été absorbé par l’EPHAD François d’Assises, un autre projet est né. Un accueil de jour proposant davantage de place, de services et de commodités  a donc été acquis en juin 2017 pour un budget de 250 000 €, auxquels se sont ajoutés 24 500 € pour sa rénovation. Situé impasse des peupliers, à côté d’un bâtiment France Télécom et non loin du « Bœuf sur le toit », il possède l’avantage de posséder une grande terrasse, ainsi qu’un vaste jardin où peuvent s’ébrouer les chiens des SDF. « Ce bâtiment réaménagé a ouvert en juin 2019, et permet par exemple d’y prendre une douche, ou d’y faire sa lessive » précise Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier. Pour Eric Mourez, directeur du pôle social de la ville, cet outil permet de mettre à l’abri les plus précaires et de les nourrir : « Les repas du midi fonctionnent comme une pension de famille. Les aliments  fournis gracieusement par l’épicerie sociale et la Croix rouge ne manquent pas. On peut manger à sa faim à Lons».

La mendicité alimente les addictions

Selon Gérald Berbey, directeur de ce CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale), « 40 à 50 personnes  fréquentent celui-ci  chaque jour (entre 8h et 18h), dont une moitié environ de véritables sans-abri ». Un accueil de nuit, situé au 345 boulevard Jules Ferry prend ensuite le relais de 18h à 8h du matin. A terme, l’objectif consiste à sortir ces personnes démunies de la rue, une rue mortifère car l’espérance de vie des SDF oscille autour de 47-48 ans en France. « Mais quand on a passé 2-3 ans dans la rue, il faut souvent 6 à 7 ans pour s’en sortir » reconnait le directeur du pôle social, en particulier à cause des poly-addictions qui y règnent (alcool, drogues…). « Tous ceux qui sont à la rue sont suivis par un travailleur social, et chacun sait qui il peut appeler en cas de problème » assure Eric Mourez. Une façon de dire que la mendicité alimente en réalité les addictions, et non la (sur)vie de certains marginaux (lire notre édition du 28 octobre).

Gérald Berbey, Jacques Pélissard et Eric Mourez (de g. à d.), devant le nouvel accueil de jour.

Le 115 : une exception lédonienne

Forte d’une longue expérience en matière sociale, le pôle social de Lons a hérité de la gestion du « 115 » (hébergement d’urgence) pour tout le Jura, alors qu’il est ailleurs géré par des associations nationales, telle la Croix rouge par exemple. « Cette mission relevant de l’Etat, il est exceptionnel (et quasi unique en France) qu’elle soit confiée à une commune » relève Jacques Pélissard. Ce service, regroupé dans l’accueil de jour, interroge en temps réel les capacités d’hébergement pour trouver des places. Si des nuits d’hôtel étaient autrefois courantes, la pratique  s’oriente vers des appartements partagés, moins onéreux pour la collectivité.