Un nouveau débat, plus ouvert, sur les éoliennes

Pour aller plus loin que les oppositions frontales « pour » ou « contre » sur ce sujet très clivant, un grand débat a essayé de faire la part des choses.

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Ces éoliennes sur le 1er plateau se verraient de très loin (ici une simulation sur la RD 471 entre Crançot et Lons).

France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté, Jura Nature Environnement et le CPIE Bresse du Jura ont organisé le 17 janvier au Carrefour de la Communication de Lons un vaste débat sur le développement de l’éolien dans le cadre de la transition énergétique. Un débat très complet, où ont été évoqués entre autres : les aspects techniques, procéduriers et environnementaux, les enjeux paysagers. Plusieurs élus ont fait part de leurs expériences sur leur territoire. Jean-Louis Dufour, maire de Chamole, a raconté la genèse et la réalisation d’un projet participatif d’éoliennes sur sa commune : la concrétisation de 10 années de travail, qui n’ont –fait rare- soulevé aucune opposition frontale. Véronique Verbreek, maire de Bonnefontaine, a témoigné comment, suite à la consultation de ses concitoyens, elle a renoncé à un projet d’éolienne. Fabrice Gourat, président d’Intervent (développeur éolien de Chamole entre autres) a évoqué entre autres la difficulté à structurer la prospection d’un territoire par l’ensemble des développeurs potentiels (130 en France, d’où une concurrence acharnée).
Enfin, Gérard Charrière, vice-président à l’environnement du pays lédonien, a expliqué le rôle que le Scot (Schéma de Cohérence Territorial) en cours de révision peut avoir sur le développement de l’éolien. Une proposition d’action de celui-ci relative au volet  « mix énergétique » exclut en effet « l’implantation d’éoliennes sur  des pôles touristiques ».
Ce qui pourrait concerner les communes du Revermont (Cesancey, Gevingey, Sainte-Agnès, etc.), mais pas le premier plateau (lire encadré). Lors de ce débat, les participants ont soulevé leurs inquiétudes face à un développement sans contrôle des éoliennes et ont prôné une diminution de la consommation énergétique. Un vœu pieu quand la France (comme les autres pays européens) ne jure que par la croissance économique.

Pour ou contre de nouveaux projets

A Cesancey, la mairie maintient l’ouverture de discussions autour d’un projet de 4 éoliennes de 3 MW sur des parcelles communales. Ceci tant pour assurer la transition énergétique que pour des raisons économiques (111.059 €/an prévus pour la commune). Dans un courrier du 11 janvier adressé à la population, Jean-Paul Clavez annonce que la population sera informée par petits groupes (afin de pouvoir débattre) avant de voter pour ou contre le projet. En conseil municipal, le 15 janvier, le maire a confirmé qu’il ne souhaitait pas s’exprimer sur ce projet en réunion publique devant toute la population. Sans doute a-t-il tiré les leçons des débats houleux qui avaient eu lieu à Gevingey sur l’implantation d’autres éoliennes. Suite à la forte mobilisation d’opposants (dont le collectif Eoliennes Sud Revermont) le maire Christophe Nouzé avait ensuite déclaré lors de ses vœux le 19 janvier : « Vous pouvez démonter vos pancartes, il n’y aura pas de possibilité de suite tant que je serai maire». Sur le premier plateau, le maire d’Hauteroche, Daniel Segut a déclaré lors de ses vœux le 19 janvier que la commune n’avait rien signé, mais il reste favorable sur le principe aux projets d’énergies renouvelables. Les opposants (cappJe) restent très inquiets en raison des projets encore en lice (La Marre, Hauteroche, Revigny/ Publy) et de leur impact considérable sur l’ensemble du plateau (de Saint-Maur jusqu’à la côte de l’Heute).