Un livre sur les Radeliers de la Loue

Longtemps oubliés dans la mémoire collective locale, les radeliers de la Loue ont pu remonter à la surface grâce aux travaux minutieux de Robert Francioli, président de la Confrérie Saint Nicolas des Radeliers de la Loue. Après 34 ans d’enquête, il publie – en coopération avec Élisabeth Acolat-Peuquet – une synthèse sur cette activité commerciale essentielle.

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Longtemps oubliés dans la mémoire collective locale, les radeliers de la Loue ont pu remonter à la surface grâce aux travaux minutieux de Robert Francioli, président de la Confrérie Saint Nicolas des Radeliers de la Loue.

 

La Loue fut utilisée pendant plusieurs siècles pour transporter les fruits de notre région boisée. Au XVIIe siècle, cette activité connut un véritable essor tandis que deux siècles plus tard, au milieu du XIXe siècle, elle atteignit son acmé. Il existait alors un port à Chamblay où travaillèrent plus d’une centaine de personnes. Une activité économique florissante. En revanche, d’autres moyens de transport se développant, le flottage des bois s’arrêta sur la Loue à l’aube du XXe siècle. Les traces de cette prospère activité coulèrent alors.

C’est le fruit de 34 ans de recherche

En 1985, Roger Lamy de Chamblay transmit à Robert Francioli l’envie de mener des recherches sur les radeliers de la Loue. Jusqu’en 1994, année de la rédaction des statuts la Confrérie Saint Nicolas des Radeliers de la Loue, il collecta seul de précieux documents.

« C’est le fruit de 34 ans de recherche en archives. M’est venu l’idée d’agglomérer la vie d’un village au XIXe siècle et ce que le flottage des bois a apporté, ici, à Chamblay. J’ai recherché la main de l’homme. Ce qui a provoqué la descente du radeau, la descente dans le patrimoine ». Pour ce faire, il relut la totalité des délibérations du conseil municipal de cette localité au XIXe siècle. Un travail titanesque qu’il conjuga à ses nombreuses découvertes antérieures.

Une interrogation demeure…

« Pour ce type de travail, on ne dispose pas de photos, sinon de vieilles vues du village. Élisabeth Acolat-Peuquet a donc illustré. L’artiste traduit par le crayon, le pinceau l’histoire » précise le président de l’association qui a rédigé les textes. Un réel travail d’équipe qui permit de synthétiser en une petite centaine de pages ce qu’était Les Radeliers à Chamblay au 19ème siècle.

Traduisant son engagement, cet ouvrage permet aux radeliers de la Loue de remonter à la surface des mémoires – leur activité ayant été longtemps méconnue. Robert Francioli révèle toutefois une zone d’ombre dans ses recherches : « l’interrogation qui demeure, c’est pourquoi on a effacé ça de la mémoire collective locale ? ».

Sous la loupe d’un spécialiste

Qu’est-ce qu’un radelier ?

« C’est quelqu’un qui franchi une ligne de démarcation, déjà sur des éléments qui ne sont pas forcément stables ainsi que sur des matériaux rudimentaires, et puis surtout, ils partaient loin. Il faut se mettre dans le contexte, partir à 100 kilomètres de son village, c’est aller au bout du monde à cette époque. Ils allaient au-delà. C’est peut-être pour cela que cette mémoire s’est effacée, parce qu’ils rapportaient des idées politiques. Ils ouvraient la vision ».

Il y a deux ans, le projet naissait. Bien qu’il y ait eu quelques mois de flottement, l’ouvrage auto-édité est disponible dans plusieurs commerces depuis le 20 octobre 2019, au prix de 20 euros.