Un lieu magique perdu au milieu de nulle part

Le chalet de la Bourre : un tournant dans la vie d’Elisabeth et Philippe

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Pousser la porte du chalet de la Bourre c'est entrer dans la famille de Babeth et Philippe.

Pousser la porte du chalet de la Bourre c’est entrer dans la famille de Babeth et Philippe.

« Babeth » elle, est native de Mignovillard et a exercé divers métiers avant d’occuper un poste d’opticienne jusqu’en 2012. Son mari Philippe est dijonnais. Après avoir travaillé comme laborantin durant quelques années, il changeait d’orientation et occupait un poste de responsable de production dans l’industrie. Autant dire que rien ne les prédestinait à devenir restaurateurs, et pourtant !

Un véritable coup de coeur

« Un jour revenant d’une balade et discutant avec mon frère, raconte Babeth, je lui faisais la remarque “il y a de superbes maisons ici, on pourrait ouvrir de belles maisons d’hôtes”, ce à quoi il me répond “le chalet de la Bourre est à vendre”. Mon mari et moi nous nous sommes regardés et de suite ça a été comme une évidence. D’une seule voix on a dit “c’est pour nous”. Bien sûr, depuis un certain temps l’idée de créer des chambres d’hôtes nous trottait dans la tête, mais pas si vite, pas tout de suite. Notre décision a cependant été prise en 10 secondes, sans même réfléchir. »

Un coin magique pour se reposer après une randonnée.

Vous ne pouviez pas passer à côté de ce chalet, pourquoi ?

« Comme je l’ai dit ce chalet comptait énormément pour nous. Déjà parce-que mon frère Jean-Marie qui était dameur de pistes a participé à sa construction en 1988 avec l’association ATD de Mignovillard (Association Touristique et Développement) et puis Philippe et moi nous sommes mariés ici en 2013, c’est même moi qui ai préparé le repas. Nos souvenirs y sont donc précieux. »

 

C’est un changement de vie radical pour vous deux ?

« Oui tout à fait. Moi qui ai toujours eu une passion pour la cuisine, explique Babeth, là c’était l’occasion de m’éclater. J’ai toujours aimé être aux fourneaux, j’ai même été adjointe de la maîtresse de maison d’une MARPA (Maison d’Accueil Rural pour les Personnes Agées) à Amancey. Philippe et moi avions depuis quelque temps le désir de travailler ensemble et donner du bonheur aux autres. Je pense qu’on a réussi. Philippe lui aussi s’est découvert une passion pour la cuisine, il est apte à me seconder, d’ailleurs c’est lui qui fait les glaces.

Et puis on le connaissait bien ce chalet, on avait l’habitude d’y déjeuner quand on venait faire du ski. On savait bien sûr qu’il n’y avait pas d’électricité, pas d’eau et que l’on s’éclairait à la lampe à pétrole. Cela ne nous dérangeait pas, au contraire cette vie au plus proche de la nature, répondait en fait à notre philosophie de vie. Bien sûr par rapport au confort auquel on était habitué, c’était une véritable révolution mais compensée par l’environnement ressourçant et par-dessus tout le plaisir de partager une cuisine familiale à base des bons produits du terroir. Cette passion pour la cuisine elle est en moi depuis l’enfance. Ma mère cuisinait beaucoup et je me souviens des desserts qu’elle nous préparait tous les jours. Pour moi c’est un bonheur de cuisiner ça ne me pèse pas, bien au contraire, je trouve que c’est une manière agréable de réunir les gens. Quand on met son cœur dans sa cuisine, les gens le ressentent et nous le rendent. Ils savent que nous avons préparé nos plats avec passion. »

 

 

Depuis quelques années vous aviez très envie de tenir des chambres d’hôtes, mais de là à reprendre un restaurant ?

« Non, c’est vraiment l’occasion qui a fait le larron. Le chalet nous est tombé dessus. Pour nous c’était un signe. On ne pouvait pas passer à côté, d’autant que nous venions nous ressourcer ici dès que notre vie professionnelle nous le permettait.

C’est vrai que pour travailler ici, isolés de tout, il faut avoir un grand cœur et surtout beaucoup d’énergie. L’hiver il y a la neige et toutes les contraintes qui vont avec, mais c’est un réel plaisir. Et puis nous avons trouvé ici une clientèle différente de celle que l’on peut avoir en ville. Une clientèle sportive ou simplement touristique mais dans tous les cas une clientèle proche de la nature. »

 

Quel type de cuisine faites-vous ?

« Déjà, je tiens à préciser que l’on fait notre potager et les clients sont ravis de manger des légumes du jardin. Avant même de reprendre le chalet, on privilégiait les produits naturels et l’on continue bien sûr ici en utilisant dans la mesure du possible des produits bio ou à défaut issus de l’agriculture raisonnée. A la Bourre le colorant aussi est interdit de séjour. »

Babeth, “la cheffe sourire”, de bonne humeur du matin au soir.
De l’entrée au dessert, tout est fait maison.

Vous avez des spécialités ?

« Pas vraiment mais nous avons un plat signature : le bœuf fumé que nous servons avec des roestis. Nous proposons une façon originale de cuire la viande à table pour un grand moment de convivialité avec la clocherade. »

Quoi de mieux qu’une clocherade pour un bon moment entre amis.

 

Vous ne regrettez pas votre vie d’avant ?

« Nous sommes arrivés là en janvier 2012, en pleine saison de ski, et le chalet était plein tous les jours. C’était un départ sur les chapeaux de roues. Pas de place pour les regrets et nous n’en avons toujours pas. Notre philosophie c’est donner du bonheur aux autres. La vie actuelle c’est le chacun pour soi et on en oublie tout le reste. Mais quand on donne, les gens nous le rendent au centuple.

Par contre si nous n’avions pas fait ce choix, nous aurions eu des regrets. En fait, dans la vie, ce n’est pas quand on arrive à l’âge où il est trop tard qu’il faut dire “on aurait pu faire”. A un moment donné il faut dire je fais. »

Un environnement priviligié, perdu au milieu de nulle part.

La Bourre c’est un lieu magique au départ des pistes, au milieu de nulle part. De magnifiques randonnées permettent aux fondeurs de découvrir des paysages insolites et même de rencontrer chamois, coqs de bruyère… et de magnifiques gentianes.

Après une journée à skis de fond, raquettes ou luges, il fait bon venir se réchauffer à la chaleur du poêle à bois qui trône au centre de la salle du restaurant, à la lueur des bougies et des lampes à pétrole. Dans ce restaurant-refuge, chaleureux, familial et convivial, on a plus l’impression d’être chez des amis que dans un restaurant.

Et le plus : Babeth et Philippe réservent un accueil chaleureux à leurs clients, à toute heure de la journée il y aura toujours quelquechose à se mettre sous la dent : plat franc-comtois, crêpes, pâtisseries ….