Un Jurassien a vécu hors du temps dans une grotte

Alors que 14 volontaires ont accepté de séjourner dans une grotte ariégeoise pendant quarante jours, Pascal Barrier revient sur son expérience il y a trente ans.

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Il est possible de redécouvrir l'aventure de Pascal Barrier sur son site, Expérience hors du temps.

L’actualité remet sous le feu des projecteurs un Jurassien, Pascal Barrier. Alors que quatorze volontaires sont en train de vivre une histoire hors du temps dans une grotte ariégeoise pendant quarante jours, les micros se tendent vers Pascal Barrier. Il a été dans les premiers Français à vivre une expérience similaire : 113 jours, de novembre 1991 au 13 mars 1992, dans la grotte de la Cocalière.
Une expérience hors du temps, mais avec des différences de taille malgré tout. « J’ai été pendant quatre mois, seul, sans contact ».
Le Jurassien laissait alors des messages sur un répondeur pour ses proches et indiquait quand il se levait et se couchait aux pompiers via une ligne téléphonique.
Comment cela va-t-il se passer pour ces Français ?
« Cela dépend de leur personnalité, répond-t-il. Les gens qui ont l’habitude de commander vont imposer leur biorythme. La facilité qu’ils ont, est qu’ils peuvent s’encourager ».
Mais pour le spécialiste, qui a également vécu 63 jours avec un ami en 1995 dans la grotte d’Arras, « quarante jours, cela me parait peu ». Entendez pour avoir des résultats scientifiques, même si tout spéléologue qui entre dans une grotte est rapidement désynchronisé…

Une troisième expérience bientôt ?

Lui-même envisage une troisième expérience, lorsqu’il sera en retraite. Aujourd’hui, il possède des parcours aventures à Doucier et Clairvaux-les-Lacs. « Une fois qu’on y a goûté, on y revient. Il faut avoir un moral costaud, positiver, ne pas rester longtemps à ne rien faire ».
Selon lui, dans le monde, il n’y a eu qu’une dizaine d’expérimentations. Celle dans la grotte ariégeoise est la cinquième organisée par un Français. Michel Siffre avait été pionnier dans les années 60, puis Véronique Le Guen quelques années avant Pascal Barrier. Mais le Jurassien modère le côté exceptionnel de l’expédition. « Pour moi, c’était assez reposant par rapport à d’autres expériences que j’avais eues auparavant ».
En effet, avant cette aventure à 27 ans, Pascal Barrier pratiquait déjà la spéléologie, la tyrolienne, l’escalade, le parachute, la plongée…
« Ce séjour dans la grotte de la Cocalière était plutôt un défi physique et humain. Je voulais faire une pause et me dépasser ».
Certes, cela était « assez rare. A part quelques navigateurs et des soldats pendant la guerre, personne n’est restée sans lumière et sans parler pendant plusieurs jours ».
Et si Pascal Barrier reconnait qu’il avait envie de sortir pour revoir ses proches, l’aspect « hyper protégé » lui convenait.
« Avec l’âge, on se dit que le soleil, c’est bien aussi ! ».