Un bilan économique en demi-teinte

Le bilan économique de l’année 2018 en Bourgogne-Franche-Comté délivre des points de satisfaction, concernant par exemple le chômage, la reprise du marché de l’automobile ou encore les rendements agricoles. La comparaison avec 2017 est néanmoins souvent défavorable et le décrochage s’accentue par rapport au national, notamment sur l’emploi qui recule de nouveau. Conjoncture économique : l'embellie piétine...

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Fin 2018, la Bourgogne-Franche-Comté comptait 968 500 salariés, dont les trois quarts dans le secteur privé. Elle en perd 6 500 en un an, soit une diminution de 0,7 % qui met fin à deux années consécutives de hausse. Une situation inverse de la tendance nationale, où l’emploi salarié progresse de 0,6 %. Le recul concerne tous les départements de la région, à l’exception de la Côte-d’Or. Il est particulièrement prononcé dans l’intérim et le tertiaire non marchand. L’emploi industriel continue de diminuer, mais moins fortement depuis deux ans. La construction perd à nouveau des emplois alors qu’elle en avait gagné l’an dernier pour la première fois depuis 2008. Seuls le tertiaire marchand hors intérim et l’agriculture gagnent des emplois.

La croissance de l’emploi frontalier s’accélère

En 2018, 35 300 résidents non suisses de Bourgogne-Franche-Comté exercent une activité professionnelle en Suisse. Leur nombre croît plus fortement que l’année précédente. Les trois départements de la région ayant une frontière avec la Suisse atteignent leur plus haut contingent de frontaliers. Les cantons de Vaud et Neuchâtel accueillent près des trois quarts des navetteurs de Bourgogne-Franche Comté qui travaillent en Suisse.

Le Jura moins touché par le chômage

Fin 2018, le taux de chômage s’établit à 7,5 % en Bourgogne-Franche-Comté contre 8,8 % au niveau national. Il baisse de 0,2 point sur un an dans les deux cas, une amélioration moins prononcée qu’en 2017 et 2016 et qui concerne la plupart des départements de la région. Le Jura reste le moins touché par le chômage, à l’inverse du Territoire de Belfort qui est le plus impacté. Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B et C sont moins nombreux que l’an dernier. Cette baisse se retrouve chez les moins de 25 ans, mais ne profite pas aux seniors ni aux chômeurs de longue durée. La décrue est plus profitable aux hommes qu’aux femmes.

 

 

Créations d’entreprises en hausse, regain d’intérêt pour la micro-entreprise

En Bourgogne-Franche-Comté comme en France, le nombre de créations d’entreprises augmente fortement par rapport à l’année précédente, confirmant la reprise initiée depuis deux ans. Les immatriculations d’entreprises progressent dans tous les départements de la région, dans tous les secteurs d’activité et quelle que soit leur forme juridique. L’année 2018 se démarque par un important regain d’intérêt pour les micro-entreprises, tandis que les créations de sociétés, toujours en hausse, augmentent moins fortement qu’en 2017. Parallèlement, les défaillances d’entreprises sont en diminution dans la région. Cependant, elles augmentent encore dans la moitié des départements.

Baisse des permis de construire et des ventes de logements neufs

Après une année 2017 de forte croissance, le nombre de permis de construire est en baisse de 10 % en 2018 en BourgogneFranche-Comté. Les mises en chantier augmentent encore de 1,7 % alors qu’elles baissent de 4 % au niveau national. Les ventes de logements neufs reculent pour la deuxième année consécutive. La région reste parmi les moins chères de France même si les prix augmentent aussi bien pour les maisons que pour les appartements. Pour les locaux non résidentiels, les surfaces autorisées à la construction sont encore à la baisse.

Un marché automobile de nouveau en croissance

En 2018, les ventes de véhicules neufs augmentent à nouveau en Bourgogne Franche-Comté, sur un rythme qui est comparable au niveau national. La désaffection pour les véhicules diesel se poursuit, une recomposition du parc de véhicules en circulation s’effectue au profit des moteurs à essence. Le transport de marchandises par route progresse mais plus modérément qu’en 2017, les échanges entre la région et l’extérieur sont à l’équilibre. L’activité de transport aérien, peu développée dans la région, reste stable.

Fréquentation élevée dans les hôtels et campings malgré un léger repli

La fréquentation touristique est en légère baisse en 2018 par rapport à 2017, aussi bien dans les hôtels que dans les campings. Le repli est de 1 % dans la région alors que la progression est de 1,8 % au niveau national. Dans les hôtels, la fréquentation se contracte de 0,7 % sous l’effet du repli de la clientèle résidant en France, mais le niveau global reste élevé. Dans les campings, la fréquentation est grevée par le fort recul de la clientèle résidant à l’étranger.

Très bonne année pour la viticulture

La récolte dans les vignobles de Bourgogne-Franche-Comté est abondante en 2018, supérieure à la moyenne quinquennale. Les exportations sont en hausse mais les volumes disponibles font baisser les prix. Les rendements des grandes cultures restent élevés mais baissent par rapport à l’an dernier. Les livraisons de lait progressent malgré un deuxième semestre en demi-teinte et les prix augmentent. Les abattages de bovins sont en repli, ceux de porcins et d’ovins sont en hausse

Le pouvoir d’achat ralentit légèrement du fait de l’inflation

En moyenne annuelle, les prix à la consommation accélèrent en 2018 pour la troisième année consécutive (+ 1,8 %, après + 1,0 % en 2017), conduisant à un léger ralentissement du pouvoir d’achat des ménages : + 1,2 % après + 1,4 % en 2017.
Le ralentissement de la masse salariale provenant de celui de l’emploi joue également dans le même sens. En revanche, le ralentissement du pouvoir d’achat est atténué par
l’accélération des revenus du patrimoine, des prestations sociales en espèces et le
ralentissement des prélèvements fiscaux.
En outre, la chronique infra-annuelle de l’évolution du pouvoir d’achat est marquée
en 2018 par plusieurs mesures nouvelles (bascule CSG-cotisations sociales, réduction de taxe d’habitation, fiscalité indirecte sur le tabac et l’énergie notamment).
Source : Insee Bourgogne Franche-Comté
La rédaction de ce bilan économique s’échelonne de février à mai 2019. Les données analysées sont celles disponibles à la date de rédaction des différents articles. Certaines ont pu légèrement évoluer depuis.