Un artiste aux multiples talents à découvrir

Jusqu’au 7 mars, le musée des Beaux-Arts de Dole présente l’œuvre de Cueco, acteur majeur de la Figuration Narrative en France.

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« Autoportrait aux cacahuètes » (2002), acrylique sur toile. L’autoportrait n’a pas échappé aux explorations picturales de Cueco.

Chez Cueco, la peinture est une histoire de famille. Henri est né en 1929 en Corrèze (et mort en 2017 à Paris). Il est un artiste multiple, peintre, dessinateur, écrivain, réalisateur de décors de théâtre…

Ce militant de gauche a été un acteur majeur de la Figuration Narrative en France. Son travail est riche et complexe. Le musée des Beaux-Arts de Dole propose une exposition-journal de son œuvre jusqu’au 7 mars. Celle-ci n’est pas exhaustive, mais elle est très abondante, avec plusieurs entrées : œuvres de grands artistes revisitées, images empêchées, autoportraits, dessins érotiques…

Notre attention s’est plus particulièrement portée sur les Imagiers et les portraits de Pommes de terre. Si Cueco a peint sur des toiles de toutes dimensions, il s’agit ici d’objets du quotidien (soulier à talon, rallonge électrique, queues de cerises, paquet de Gitanes, épingle à cheveux) en petits formats.

Ses « Paysages dans la main » sont également remarquables. « Je réalisais des petits paysages cernés par la main qui constitue une visée, un trou de serrure par lequel le peintre délimite son modèle, le cadre », présentait l’artiste.

Un Bestiaire exceptionnel

Mais c’est véritablement son Bestiaire qui aura attisé notre curiosité – « Bestiaire. Choix d’animaux, animalerie personnelle d’un artiste ou d’un auteur. Pour moi : chiens, cochons, vaches, moutons, pommes de terre, champignons » – et plus particulièrement son rapport aux chiens. Seuls, en meutes, les chiens sont souvent présents dans les tableaux de l’artiste et pourtant, Henri Cueco n’aimait pas cet animal, il adorait les chats. Ces chiens (et aucun chat), il les a peints pendant près de vingt-cinq années.

Dans le catalogue dédié à l’exposition, l’intervention de Julie Crenn, docteure en histoire de l’art, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante, commissaire de cette exposition-journal avec la directrice du musée Amélie Lavin, « Rejoindre le chenil », est particulièrement éclairante. Elle explique, entre autres, que si les meutes de chiens personnifient la violence humaine, elles peuvent aussi être les manifestations d’un monde posthumain.

A qui voudra vraiment saisir toute l’œuvre de Cueco, une seule visite du musée des Beaux-Arts de Dole ne suffira pas. Il faudra revenir !

Musée, 85, rue des Arènes, Dole. Ouvert tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h sauf dimanche matin et lundi. Entrée libre.