Un arbre de Vie germe au Kurdistan

Pascal Bejeannin, artiste champagnolais, a initié ce projet humanitaire et artistique pour évoquer la situation kurde. Un peuple opprimé qu'il vient de visiter en Syrie.

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Pascal Bejeannin a échangé avec des artistes kurdes dans leurs ateliers.

« Si Daech reprend racine en Syrie, on aura de nouveau des attentats en France. L’attentat du Bataclan avait été fromenté par eux » : pour Pascal Bejeannin, artiste et sculpteur engagé, art rime souvent avec humanisme. ll soutient de ce fait le combat des Kurdes contre l’Etat islamique, car « leur combat, c’est le nôtre » affirme t-il. Ces réflexions sur la géopolitique découlent de son récent séjour dans le Kurdistan Syrien. Une semaine pour semer les graines d’un nouveau projet sur sa thématique préférée : « L’art, témoin du monde ».
A l’instar de son ours polaire qui a vécu un hiver sur la banquise Inuit, ou de sa tortue Luth qui rejoindra un jour les Galapagos, un « Arbre de Vie » (Dara Jiyanê en kurde) devrait pousser là où la vie menace de s’éteindre. Pour marquer les esprits, cette immense sculpture (sans doute plus de 7 ou 8 mètres de haut) représentera un olivier (arbre symbolique des kurdes).
« Il sera constitué par l’assemblage de sculptures provenant de divers artistes Kurdes et internationaux » précise le champagnolais, qui dans d’autres vies fût aussi -et entre autres- casque bleu de l’ONU, logisticien à MSF, éducateur social comme son portrait brossé dans notre dernier Mag 39 l’illustre

Le réseau électrique aérien parle de lui-même sur l’état du pays…

Un appel aux dons pour les artistes kurdes

Cette fibre humanitaire sous-tend d’ailleurs la totalité de ce nouveau projet : « Quand elle sera achevée (d’ici environ un an), cette sculpture implantée sur une place servira de point de départ à un documentaire permettant d’évoquer la question kurde. Le plus grand peuple au monde sans patrie, réparti entre la Syrie, l’Irak, l’Iran et la Turquie. Un peuple de musulmans tolérants où les femmes sont traitées à l’égal des hommes. Chaque poste clé respecte d’ailleurs la parité homme-femme ».
Pour en arriver là, le champagnolais a du patienter près de 5 mois pour se rendre sur place, un lieu que peu d’occidentaux fréquentent car il s’avère très compliqué de passer la frontière syrienne…Durant son séjour, Pascal Bejeannin a également visité les Beaux arts de Qamishlo, capitale du Kurdistan Syrien (1 million d’habitants dont près de 800.000.refugiés).
« Les professeurs et les élèves m’ont montré leurs travaux. Malgré la guerre et l’épée de Damoclès suspendues au dessus de leur tête, la vie et la culture continuent. Avec des moyens très modestes certes ».
Les élèves manquent de matériel de peinture, de sculpture entre autres et Pascal Bejeannin lance un appel aux dons (y compris aux écoles d’arts plastiques). Pascal Bejeannin soutient également l’association « Tresses vertes » qui vise à replanter des oliviers sur des terres meurtries par les combats. Un centre culturel et/ou un mémorial devraient aussi sortir de terre autour de l’Arbre de Vie dans les années futures, un projet ambitieux à suivre donc…

Contact : Association Art Situ 
Mail : bejeannin.pascal39@gmail.com

L.R