Transport : la meilleure route vers l’emploi

Le métier se classe dans le top 20 des plus recherchés en Bourgogne-Franche-Comté.

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Le métier a beaucoup changé a indiqué l'entreprise de Joël Dardelin (Nance).

«Les Journées du Transport » co-organisé par Pôle emploi BFC et les fédérations du transport en octobre ont permis d’aller au-delà des idées reçues, sur des professions autrefois qualifiées de « tourne volant ». Il est loin le temps où le vivier des chauffeurs routiers émanait de ceux qui avaient passé leur permis PL (poids lourds) durant leur service militaire. Marie Breton, déléguée FNTR (fédération nationale du transport routier) Bourgogne Franche-Comté a exposé à environ 80 demandeurs d’emploi réunis à Lons que désormais : « vous serez l’image, l’ambassadeur de l’entreprise ».
Au-delà de la conduite pure et simple se nichent aussi moult missions : calage, arrimage, enlèvement, tâches administratives entre autres et la responsabilité d’une marchandise parfois onéreuse. En plus du camion dont le seul tracteur (sans la remorque) peut coûter entre 80.000 et 115.000 €. Autre fait marquant de ce secteur en pleine évolution : « Les entreprises ne s’embarrassent plus de stocks, tout fonctionne en flux tendu. Et l’explosion du e-commerce engendre énormément de volumes pour les transports routiers » poursuit Marie Breton.
A cause du syndrome « Amazon » entre autres, les clients veulent tout, et tout de suite. Résultat : « 99% des besoins quotidiens sont assurés par le transport routier ».

2.300 salariés dans le Jura

Une situation de quasi-monopole qui laisse rêveur quand on pense à la Suisse toute proche, où les camions exclus des routes, se déplacent en majorité sur des trains…
Mais la FNTR n’est pas l’ennemie des trains assure sa déléguée régionale, en particulier pour les longs trajets (Lille-Marseille par exemple) : « On n’est pas contre l’intermodal, de toute façon on n’a pas assez de chauffeurs routiers. Le Jura représente environ 2.300 salariés dans notre branche et nous pouvons estimer le besoin de main d’œuvre à une centaine de personnes (dont au moins une trentaine en création de poste suite à une augmentation de l’activité, les autres étant des remplacements pour départ à la retraite par exemple) ».
Joël Dardelin, transporteur routier basé à Nance (près de Bletterans) opine :
« Nos camions roulent 10 mois et demi dans l’année au lieu de 12, car il nous manque au moins 2 chauffeurs routiers ». La PME familiale (qui compte 13 chauffeurs et 15 tracteurs) ne ménage pourtant pas ses peines.
« Il y a 20 ans, les chauffeurs étaient rincés après leurs 9 ou 10h de conduite par jour. Le volume horaire mensuel a baissé, et la majorité des trajets se cantonnent à un rayon de 150 km ». Ce qui permet ainsi aux chauffeurs de moins découcher. Malgré cela 84% des projets de recrutements dans ce secteur sont jugés difficiles par les employeurs (contre 70% l’année dernière) et le métier se classe dans le top 20 des plus recherchés en Bourgogne-Franche-Comté. Tout comme d’ailleurs celui du transport de passager (bus). Avis aux amateurs…

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere

Pour Joël Dardelin, qui cherche 2 chauffeurs routiers, les camions ne tournent pas à 100%.

Des camions plus propres et plus « techno »

Un camion à la nouvelle norme « Euro 6 » pollue moins qu’une Clio vieille de 10 ans assure Marie Breton. Et dans certains pays, comme la Suisse, les camions à hydrogène se multiplient. Avec des aides à la conduite capables de prédire si la route va monter ou descendre jusqu’à 3 kilomètres, permettant d’anticiper sa vitesse.

Et les camionnettes polonaises ?

Après le fameux « plombier polonais », les camionnettes grises. Dénommées V.U.L. (véhicules utilitaires légers) par les professionnels, elles ont conquis en quelques années l’ensemble de l’Europe, grâce à une réglementation inexistante ou contournée. Pas de chronotachygraphe, pas d’obligation d’emprunter les autoroutes, pas de temps maximum de conduite : comment lutter ? Face à un coût bien moindre, leur prolifération ne semble pas prête de faiblir, même si la FNTR y travaille.