Ligne SNCF du Revermont : encore un train de retard ?

Les deux « évitements » prévus à Passenans et Cousance seront remplacés par un système de télécommunications plus performant que l’actuel (totalement obsolète). Un revirement dénoncé par les élus jurassiens.

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Les trains de la région font toujours débat...en particulier lorsqu'ils ne peuvent pas se croiser.

12 millions € : c’est la somme que l’état, la Région Bourgogne Franche Comté, et SNCF réseaux investiront pour moderniser la ligne du Revermont, qui traverse le Jura du nord au sud, de Mouchard à Saint-Amour. Au menu, le déploiement de la technologie GSM-R, le standard européen permettant aux trains de communiquer entre eux et avec les opérateurs réseau. Une technologie « déjà ancienne » pour les représentants de l’Association pour la promotion des voies ferrées jurassiennes (APVJF 39) qui évoquent le déploiement d’un système beaucoup plus performant et complet (ERTMS). Tout cela laisse songeur, lorsqu’on sait que sur la ligne du Revermont, l’antique système de communications se loge dans des appareils situés le long des voies… obligeant le conducteur à arrêter son train et en descendre pour les utiliser ! C’est pourquoi, des antennes relais GSM seront déployées sur 15 sites après des études techniques (fin de celles-ci prévues en février 2020).
Au-delà des questions de sécurité, SNCF réseaux a assuré que ce nouveau système permettrait « un gain de fréquence » dans la circulation des trains, mais l’APVJF 39 a vertement taclé cet argument : « On ne fait pas croiser des trains avec un téléphone ».
En effet, la ligne du Revermont, 80 km à voie unique ne permet aucun « plan B » en cas d’incident ou simplement de retard d’un train.

« La parole publique n’a pas été tenue»

Et surtout les deux « évitements » (permettant de se croiser), prévus à Passenans et Cousance dans le contrat État- Région voté en 2015, ont tout bonnement disparu du nouveau présenté par la région et SNCF Réseaux le 4 février à Juraparc.
Un « casus belli » dénoncé par la majorité des élus présents, qui n’avaient jamais été consultés ou informés auparavant : Aline Billotte, vice-présidente d’Ecla en charge des mobilités a ainsi déploré que « la parole publique n’ait pas été tenue». Brigitte Monnet, maire de Val-Sonnette a même accusé en substance Michel Neugnot, vice président de la région en charge des transports, d’avoir économisé sur la ligne du Revermont (12 millions € environ au lieu de 31 millions prévus en 2015), au profit d’autres dessertes.  L’intéressé a répondu que désormais de nouvelles technologies permettraient d’être plus efficace en dépensant moins. Même si cette assertion n’a guère convaincu l’auditoire, la ligne du Revermont sera également dotée de fibre optique : les travaux d’un montant de 3,1 million € ont commencé en novembre 2018 vers Mouchard et se termineront en Juillet 2020 vers Saint-Amour. Malgré ces efforts, la ligne vitale pour le sud Jura semble avoir encore un sérieux retard à combler pour « concurrencer la voiture », comme le souhaite Michel Neugnot.
Les trains à l’heure (à 5 minutes près) sont passés de 65% il y a 2-3 ans à 82% en 2018, un chiffre encore loin des 91% de moyenne régionale (et de l’objectif régional fixé à 95%). La faute sans doute à des décennies de « tout TGV » et à un manque d’investissement sur les réseaux jurassiens. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais la tâche sera ardue pour (re)conquérir le cœur des voyageurs…

Michel Neugnot souhaiterait concurrencer la voiture.

La gare de Lons plus accessible

La gare SNCF de Lons-le-Saunier, qui accueille environ 900 voyageurs/jour, sera mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite : 4,7 millions € permettront de rehausser le quai n°2 (le plus éloigné du bâtiment principal) d’y installer un ascenseur, de refaire les revêtements des deux quais, etc. entre avril 2019 et avril 2020. Les travaux se dérouleront sans impact sur le trafic, hormis une interruption totale  durant 72 h, entre le 15 et le 18 août 2019. Un autre ascenseur sera ensuite mis en place dans le bâtiment principal de la gare en 2020, pour permettre aux usagers à mobilité réduite de rejoindre le passage souterrain.

Lons-Lyon mal desservi

Suite à la suspension du TGV Strasbourg-Marseille en gare de Lons (pour cause de travaux durant 4 ans à la gare de Lyon Part Dieu), la SNCF a affrété depuis le 9 décembre des TER entre Besançon et Bourg-en Bresse. Seul hic : « Les usagers sont mécontents, ils doivent attendre très longtemps leur correspondance à Bourg » a affirmé Danielle Brulebois, députée du Jura. Parfois plus d’une heure semble-t-il. Par ailleurs, elle a rappelé que les horaires des trajets vers Lyon (ou au départ de Lyon) ne correspondent « pas du tout aux besoins des usagers », en particulier à leurs « horaires de travail ou d’études ».